Salon du dessin érotique : De l’art et du cochon

De l’art pimenté ! La septième édition de Salo, le salon du dessin érotique se tiendra à Ménilmontant du 13 au 16 juin. Encore une fois, Paris Derrière est partenaire. Rien que pour vous, une belle sélection de croquis à déguster avec les yeux, accompagnée des échantillons réflexions d’une non-initiée : Dora Sexploratrice, journaliste qui vient de rejoindre la rédaction de Paris Derrière.

Quand Emma, la diablote en chef m’a proposé d’écrire pour Paris Derrière, j’en ai rougi, de (fausse ?) timidité d’abord, puis de plaisir en me perdant dans les écrits du site. Quand elle m’a parlé du sujet, Salo, le salon du dessin érotique, j’ai senti la curiosité et le désir pointer au bout de la plume. Désir et plaisir, l’équation parfaite. En théorie, parce que si le second va rarement sans le premier, l’inverse n’est pas forcément vrai. Oui mais voilà, serai-je à la hauteur pour parler de Salo, le septième du nom ? A vrai dire, au (presque) quotidien, je suis plus habituée aux images animées des sites internets X qu’aux dessins érotiques (je suis tombée dans le porno par hasard, comme on tombe dans un quartier inconnu, un jour en se trompant de station de métro, et je m’y suis promenée mi-fascinée mi-(dés)enchantée mais on y reviendra peut-être un jour…). J’ai alors pensé aux croquis exquis de femmes d’Egon Schiele, aux chairs tourmentées de ses Amants, au Cauchemar de Füssli, fascinant, terrifiant et oui, terriblement excitant. Qu’allais-je découvrir avec Salo ? Des esquisses de fantasmes, des traits cochons, à boire, à manger ou à désirer (on y revient) ?

 

salon du dessin érotique
Nicolas Bernière, Sud au cul 2

J’ai d’abord lu les mots de Laurent Quénéhen, le créateur de Salo et commissaire de l’exposition qui en est donc à sa septième édition. Il y parle d’art bien sûr, d’art érotique en particulier, de (fausse) liberté et de (vraie) obscénité. Laurent Quénéhen fait la part belle aux artistes féminines venues du monde entier (elles représentent les trois quarts des exposé.e.s), notamment de Chine, puisque Baozhong Cui est cette année le commissaire d’exposition invité. Puis j’ai ouvert le fichier plein des œuvres des 137 artistes qui seront exposés à l’école Prép’art à Ménilmontant.

J’y ai découvert des collages pop d’amours saphiques (en Une), de l’encre de chine perverse, des fleurs du secret vanillées, une huître onirique et sensuelle, un totem de seins en céramique, une femme sans tête de seins et de sexe dessinée à la craie, un tirage de Frédéric Fontenoy dont les clichés commencent sérieusement à me fasciner, un homme nu (enfin) au sexe sage sur papier japonais, des « je mouille » en gravure brodée, des sanguines menstruelles, une vulve épinglée. Et puis au milieu de ces étreintes dessinées ou suggérées, une photo de sexe d’homme érigé sous une robe de dentelle blanche à la mode au début du siècle dernier, une partouze croquée et un homme au fusain pénétré.

salon du dessin érotique
Sébastien Layral, Sanguine Menstruelle

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Danaé Monseigny – Bestiaire
Justine Gasquet – Eclosion
Julie Dalmon – encre de chine et graphite sur huître
Stéphane Desmaris – Totem de seins
El Bakali – Mina
Frédéric Fontenoy
salon du dessin érotique - collage et broderie sur livre représentant des bas de corps de femmes enchevêtrés
Madeleine Froment – Mémoire de nos murmures
Camille Moravia – Huile, vernis, fil de plomb, poussière.
salon du dessin érotique
Rosalie Oakman – Beautiful people
salon du dessin érotique
Joël Person – Madame

J’ai été parfois émoustillée, quelquefois touchée, d’autres œuvres m’ont laissée de marbre, aussi je dois l’avouer, comme dans toute exposition. J’ai été étonnée, mais finalement pas tant que ça, de retrouver tant de corps de femmes et si peu de mâles déshabillés. Pourquoi le corps masculin est-il si peu érotisé, et pourquoi est-il si peu objet ? Mais c’est un autre débat, un autre sujet… Je m’égare. Faites de même, allez perdre vos yeux et vos pas au salon, vous trouverez peut-être une exquise esquisse, et pas seulement pour votre chambre à coucher… Le prix des œuvres commence à 50 euros. Bonne promenade…

Salo VII, 111 bis boulevard de Ménilmontant, Paris 11ème – 13 au 16 Juin 2019Horaires JVSD : 11h – 20h

site de Salo VII

Oeuvre en Une : Brankica Zilovic