Les « familles » de l’érotisme parisien

Clarence Etienne - érotisme - Paris érotique - famille -Paris Derrière

De l’extérieur, vous avez peut-être bien du mal à comprendre de ki ou de koi se compose le monde de l’érotisme parisien. Si vous suivez Paris Derrière depuis un moment, vous commencez à en avoir une idée : ce n’est pas un univers homogène. Faisons un petit tour d’horizon ! Les dessous de notre belle capitale comportent différents courants, avec chacun ses codes, ses pratiques. Un peu comme les partis politiques ! Bon j’arrête mes comparaisons anti libido…

Pour cet article, je me suis imposée une contrainte d’écriture : name dropping interdit.

Les cabarets : L’érotisme parisien évoque direct les mythiques cabarets de french cancan ou encore plumes et paillettes sur corps parfaits. Bref, les célèbres établissements très prisés des touristes de Pigalle et des Champs-Elysées ! Mais il y aussi des cabarets plus subversifs, qui cassent les codes habituels. Ce qui n’empêche pas la sensualité, bien au contraire ! Dans cette veine, il y a les adresses transformistes où des interprètes masculins se travestissent en chanteuses stars. Paris regorge aussi de spectacles engagés où se pratique l’art de l’effeuillage burlesque. L’occasion pour les artistes de s’assoir sur les conventions avec un string en strass et de développer un discours contestataire ou underground. Les messages passent tellement mieux lorsqu’ils sont portés par des corps magnifiés, parfois hors-normes.

Le milieu libertin : Pour beaucoup, libertinage = orgies romaines ou encore grand n’importe quoi. En réalité, nous allons le voir par la suite, tout cela est assez rare dans les clubs de cul ou encore les soirées privées de la capitale. Ces dernières sont très en vogue par la grâce du net. En effet, les sites de rencontres libertines permettent désormais d’organiser les sauteries chez les un.e.s, les autres en prenant en compte les tabous de chacun.e. Le net ouvre aussi le libertinage aux personnes transgenres. Ce qui n’est pas le cas du côté des clubs libertins. Ici, il n’y a que des hommes et des femmes, pas d’entre deux possible. Vous y verrez de l’échangisme (2 couples échangent de partenaire), du mélangisme (comme de l’échangisme sauf qu’il n’y a pas de pénétration hors couple) du triolisme (plan à 3), du Candaulisme, du côte-à-côtisme (2 couples font l’amour l’un à côté de l’autre sans contact physique) et du sexe entre femmes. Les hommes eux, se contorsionnent pour ne pas se toucher, de quoi attraper un tour de rein ! Donc nous sommes loin de la partouze générale. Dans la plupart des clubs, les cravaches, baillons et autres colifichets sont priés de rester au vestiaire. Et oui ! Contrairement à ce qu’on pourrait penser, le milieu libertin est différent de celui du BDSM.

Le milieu BDSM : cette communauté est légèrement plus excitée du bulbe que le milieu libertin. En effet, ces pratiques font appel à la cérébralité. C’est une forme de théâtralisation des fantasmes de domination/soumission. Ce qui permet un lâcher-prise du côté de la personne qui tient le rôle du soumis ou de la soumise. Les orgasmes se produisent beaucoup dans la tête. Plus rares certain.e.s pratiquant.e.s apprécient purement le plaisir de la douleur, c’est ce qu’on appelle des masochistes.

Dans le milieu BDSM, vous verrez les tenues les plus travaillées, les plus fétichistes, des corps moulés dans du cuir, vinyle, latex, des piercé.e.s . Les fantaisies vestimentaires sont vivement encouragées ! Se préparer à une soirée donne autant de plaisir que d’y aller. C’est toute une logistique côté parure mais aussi côté matériel : entre les chaînes, martinets de différentes intensités, cravaches, gode-ceinture en latex, lubrifiant grand format, harnais, menottes, laisse, collier, ceinture de chasteté, fucking machine… un inventaire à la Pervers. Bon, je ne citerai personne, (je me suis interdite le name dropping, je le rappelle) mais j’en connais plus d’un qui se balade quasi en permanence avec leur petite valise à roulette remplie de matos. Avouons quand même que cela concerne les plus high level. 

Dans BDSM, vous avez compris que le D veut dire Domination, le S soumission, le M Masochisme. Et le B ? B comme Bondage, cela regroupe toutes les pratiques de contrainte comme le kinbaku dit aussi shibari, l’art d’attacher à la japonaise avec des cordes en chanvre. C’est très hype en ce moment dans la capitale.

Le monde du « pan pan cul cul » compte deux sortes de soirées : D’un côté, il y a celles où les pratiques libertines sont tolérées et puis les soirées 100% BDSM strictement dédiées aux réjouissances alternatives. Donc si on n’y pratique la fessée, le bondage, la marche à quatre-pattes en laisse, le léchage de pieds, en revanche fellation, cuni et pénétration « papa dans maman » y sont proscrites. 

BSDM, libertin… J’entends déjà les critiques : « Emma, tu colles des étiquettes sur des gens qui n’ont rien demandé ! » Ce n’est pas faux. Cependant, pour ma défense, je précise qu’il existe des porosités entre ces milieux. Par exemple, de plus en plus de libertins testent des pratiques BDSM depuis le succès de 50 Nuances de Grey, ce qui donne de l’urticaire aux puristes – bien contents cependant de voir débarquer de nouvelles brebis égarées à éduquer avec la rigueur qui s’impose… Certaines soirées que nous relatons sur Paris Derrière, mélangent allègrement toutes les sexualités et accueillent les transgenres à bras ouverts, les relations entre hommes y sont moins taboues, plus décontractées. Ce qui donne des combinaisons possibles à profusion et souvent des fêtes très endiablées. 

Autre communauté de l’érotisme parisien : les adeptes du tantra et du slow sex qui cherchent plutôt l’ambiance zen des cours du soir et des stages d’un week-end. Basée notamment sur la méditation et la pleine conscience, ces outils parfois teintés de spiritualité, aident à se connecter à son corps, à ses sensations, à développer son intuition. Il s’agit de s’éduquer ou de se rééduquer au réel, au sensuel que l’on oublie trop souvent dans notre société de consommation de masse, société aussi de plus en plus virtuelle. Ces techniques permettent de devenir plus conscient.e dans son rapport aux autres. Alors que ce soit clair : les cours et les stages de slow sex, de méditation orgasmique ou de tantra, ne se terminent jamais en partouze (mais bon, ce n’est pas inintéressant quand même). Il n’y a pas de relation sexuelle possible. Du moins pour ceux que nous annonçons à l’agenda. Il ne s’agit pas non plus de secte avec un grand gourou qui vous fera les poches et des propositions sexuelles graveleuses.

Enfin l’érotisme parisien comprend une multitude d’ateliers de parole autour des sexualités féminines, masculines, LGBTQIA+ (lesbiennes, gays, bis, trans, queer, intersexes, asexuel.le.s + tous les autres), d’apéros, de réunions sur divers thèmes : plaisir prostatique, bisexualité, polyamour, écriture érotique, lectures, festivals, sans parler des vernissages des artistes qui exposent leurs dernières œuvres excitantes ou dérangeantes.

Se questionner sur sa sexualité constitue un long cheminement personnel ou en couple, fait de rencontres, d’opportunités, tous ces impromptus qui font le sel de la vie. L’érotisme parisien est à explorer pas à pas, à son propre rythme. Et surtout en sachant où l’on met les pieds et le reste. Il y a du bon et du moins bon, et c’est notre rôle chez Paris Derrière, de vous proposer le meilleur.

Illustration de notre talentueuse Clarence

Clarence Etienne - Paris érotisme érotique - Paris Derrière