Spectacle immersif: dans les secrets d’une maison close d’antan

Close théâtre immersif Alessandro Clemenza Maison Close

Mesdames et Messieurs, ce soir, le spectacle c’est vous qui le ferez ! Close offre une expérience théâtrale immersive inédite, en l’an 1917, dans une maison close de Paname. Ici, pas de salle aux fauteuils mordorés dans lesquels se réfugier anonyme dans la pénombre, mais un fabuleux décor début de siècle où déambuler au milieu des acteurs. Rassurez-vous, personne ne vous reconnaîtra, on vous remettra un loup pour masquer votre visage avant de pénétrer dans ce phalanstère pour côtoyer les filles et leurs habitués. Car au Phénix, c’est une grande famille. Et ce soir vous en faites partie. Vous avez même le pouvoir de changer le cours des événements.

Dans le sillage des escape games, la pièce de théâtre Close offre une expérience interactive inédite : évoluer dans une maison close du siècle dernier. Un voyage dans le temps romanesque et troublant au milieu des comédiens qui prennent à partie les spectateurs dans un récit captivant : “Paris, 1917. Quand vient le couvre-feu, artistes, révolutionnaires et marginaux se retrouvent au dernier endroit où l’on peut encore faire la fête : le Phénix”.  Il ne m’en fallait pas plus pour être émoustillée ! La patronne de Paris Derrière me faisait là un drôle de cadeau car… à vous je peux le dire -puisque qu’entre nous on se dit tout- les maisons closes début du siècle avec leur déco feutrée et cet esprit de famille des filles autant sur scène que dans les alcôves, m’ont toujours fait diablement fantasmer. Avouez que vous aussi ! Pousser la porte du Phénix pour s’imprégner de cette bulle sulfureuse pendant 1h10 m’a dépaysée autant qu’émue. Mais si vous venez vous rincer l’oeil, restez en 2019 ! Car dans cette parenthèses historique, les comédiens ne sont pas nus. Ce n’est pas un spectacle érotique immersif mais une pièce de théâtre sans scène, ni coulisses où on se laisse volontiers gagner par l’ambiance de ces lieux surannés.

Car ici vous êtes libres d’aller où bon vous semble pour vous imprégner d’une ambiance d’un autre temps : sous les ors du cabaret, dans les chambres traversées de tentures, à l’intérieur du formidable dressing où les filles se changent à la hâte derrière un paravent, se cajolent entre deux représentations ou se crêpent le chignon pour un bijou.

Close théâtre immersif Alessandro Clemenza Maison Close
©Alessandro Clemenza

Peu à peu, les spectateurs se prennent au jeu car les décors captivent autant que l’histoire : ça et là, des flacons de parfum d’un autre âge, s’entassent sur la commode avec des poudriers ciselés, un fer à cheveux à l’ancienne… Des mots doux à l’écriture penchée et élancée, ont été balayés à la hâte sur le rebord de la coiffeuse. Dans cette faille temporelle qu’offre Close, les spectateurs témoins et voyeurs fascinés lisent cette correspondance enflammée, caressent du bout des doigts les perles brodées sur des robes de velours, effleurent les dentelles des corsets, attrapent la brosse en porcelaine posée négligemment par Petite Chose avant de monter sur scène faire son numéro de chant. Petite chose est un jeune cabotin qui s’habille en femme divine et espiègle. “Dans ce cabaret, ce sont parfois les hommes qui se maquillent, et toujours les femmes commandent”, prévient-on. Ajoutant qu’ici :” la guerre n’existe pas”.

Close théâtre immersif Alessandro Clemenza Maison Close
©Alessandro Clemenza

Bienvenu dans ce dernier refuge de folie et de liberté pendant la grande guerre, alors que la plupart des hommes ont été enrôlés dans l’armée. Pour rappeler le contexte historique de ces « maisons de rendez-vous », elles sont autorisées par le préfet de police Lépine depuis 1911 et connaissent un vif succès, accueillant 40 000 clients par jour selon les sources de la Police (forcément bien informée…) -soit un quart des hommes parisiens qui auraient des relations avec les prostituées (ces 177 maisons de tolérance recensées à Paris devront pourtant fermées en 1946 sous le couperet de la loi Marthe Richard).

Alors autant dire qu’on ne boude pas son plaisir au Phénix ! Mais la guerre pourtant fait voler en éclat cette formidable insouciance. Le couvre-feu rugit. Les comédiens exhortent les gens à se mettre immédiatement en lieu sûr, loin de la verrière, les pressent, les bousculent. On oublie 2019, pour se laisser gagner par la force de l’instant. D’autant que ce soir, la jeune Blanche se marie avec Vadim. Hélas, rien ne se passera comme prévu. Et les spectateurs deviendront à leur tour acteurs du drame qui scellera l’avenir du Phénix. Quelle aventure ! Etre projeté.e.s dans l’intrigue décuple les émotions. Tous les sens sont en éveil dans ces formidables décors où les comédiens interagissent avec le public au fil des rebondissements de l’histoire.

Si j’ai quelques conseils à vous donner : soyez bien attentifs à ce que vous voyez au moment où vous le voyez, sans vous occuper de ce qui se passe dans les autres pièces. Tout prend un sens quelque ce soit l’endroit où vous vous trouvez. À la fin, discuter avec d autres spectateurs, permettra d’enrichir votre perception du déroulement de l’histoire.

Plus qu’un spectacle, Close esquisse ici l’avenir d’un théâtre immersif joué non plus face au public mais avec le public. L’émotion au coeur.

Close jusqu’au 4 mai – Paris 11ème – adresse révélée à l’inscription

Réservation ICI

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