Sang tabou : 7 solutions pour faire l’amour pendant les règles

Il y a des circonstances où on batifolerait bien, malgré tout. Alors si vraiment le désir vous prend à cette période plus ou moins perturbante, il y a des solutions pour profiter de la situation !

Il n’est évidemment pas question de pousser des femmes à faire ce qu’elles n’ont pas envie. Ce moment qui peut être douloureux pour certaines, pas toutes, est aussi l’occasion de ne rien glander – ça rend créative (épisode 7 de ma web série (Tr)oppressé) – ou de se consacrer à des choses inhabituelles, lire Spinoza par exemple, ou bien engloutir de la pâte à tartiner riche en huile de palme en regardant Cyril Hanouna. Je pousse le tampon un peu loin, mais quitte à être trash, autant l’être jusqu’au bout. A chacune sa dépravation, et je serais bien la dernière à juger, moi qui traîne dans les soirées les plus déjantées de la capitale.

J’ai beaucoup apprécié la lecture du livre de Camille Emmanuelle Sang Tabou (éditions La Musardine), pavé dans la mare écarlate. La journaliste spécialiste des sexualités pointe du doigt nos comportements : «  Pourquoi est-ce qu’au boulot on chuchote quand on demande un tampon ou une serviette à une collègue et que, entre le poste de travail et les toilettes, on fait en sorte de bien cacher l’objet, comme si on transportait un sachet de coke ? (…) ce qui me dérange (…) c’est que ce flux corporel soit considéré comme « dégueulasse ». En sachant que ce n’est pas le sang qui dérange. Les films, les séries, les jeux vidéos et les infos nous versent des hectolitres de sang sur la gueule (…) Mais à partir du moment où il sort du vagin, alors même qu’il est la preuve du cycle menstruel, et donc de la capacité des êtres humains à donner la vie, là, ça devient « dégueu » ». Et le bouquin raconte comment les religions ainsi que la pop culture nous ont bourré le mou, femmes et hommes, pour nous faire croire, ou au moins relayer l’idée que les ragnagnas, c’est forcément un moment honteux, stressant, ridicule, voire catastrophique.

Le sexe pendant les règles, un tiers des femmes n’en veulent pas. Pour un deuxième tiers, ce n’est pas du tout un problème, certaines seraient même particulièrement excitées. Le dernier tiers s’en accommode. Voilà 7 façons de profiter de la situation :

  • L’éponge menstruelle. Il suffit d’entrer ces deux mots dans Google et vous en trouverez en vente sur tout un tas de sites sinon en pharmacie. C’est tout bête, une éponge qui se met dans le vagin et qui absorbe même en cas de grosses marées rouges. Ce qui permet de forniquer sans en mettre partout et sans gêner les deux partenaires. Certaines peuvent se porter jusqu’à 8 heures. C’est vrai que la première fois, il y a un petit stress : « vais-je parvenir à la récupérer ensuite au fond du gouffre ? » Pas d’inquiétude, ça s’enlève sans souci, la forme permet une prise facile. Ensuite, poubelle ! Cette astuce, vieille comme le monde, est bien connue des prostituées et des actrices X. C’est leur plan anti chômage.
  •  Érotiser les règles. Certains hommes n’hésitent pas à assumer, à l’image de Stéphane Rose, journaliste, éditeur et chroniqueur, interviewé dans le livre Sang Tabou : « j’érotise les règles si je suis amoureux. C’est quelque chose qui sort du sexe de celle que j’aime, donc ça me ramène à son intimité, et d’une certaine manière, ça me touche et me fascine ; (…)Je peux baiser avec une femme qui a ses règles même si c’est la première fois que je couche avec elle. Dans la mesure où les règles ne m’inspirent aucune émotion particulière, ni dégout, ni excitation, c’est presque un non paramètre. Ça l’est juste si ça dérange ma partenaire de le faire pendant les règles. Mais en ce qui me concerne, je me fous d’avoir du sang sur la bite, dans ma barbe ou de tâcher les draps. »  Sang Tabou

Sachez que, hormis la transmission du VIH et d’IST (Infections sexuellement transmissibles) qu’il faut dépister en amont, le sang ne contient pas de substances nocives. Ce qui n’est pas le cas du caca. Je souligne ici la force des conditionnements dont est victime un homme qui adore sodomiser sa copine mais ne supporte pas de la pénétrer pendant les règles, il y a comme un léger paradoxe.

Si certains sont prêts à fétichiser carrément les règles, grand bien leur fasse ! Jouer avec la merguez divine qu’est le tampon usagé, ou bien s’en faire une tisane, tiens ! Je sang que j’en perds certains et certaines.

  • Étendre une serviette éponge sous les ébats, pour ne pas maculer les draps en percale, cadeau de belle maman. Cependant, si vous avez des motifs à fleurs roses ou rouges, une petite tâche passera ni vu ni connu.
  • Mettre un préservatif, basique, simple ! En plus, pas besoin de lubrifiant, ça glisse tout seul du coup. C’est toujours ça d’économisé en ces temps incertains.
  • Faire l’amour sous la douche. Comme ça, le vilain flux qui dégoute disparaît direct dans les égouts. L’eau nettoie les corps et les âmes impurs que nous sommes tous. Si seules les femmes l’étaient, le monde irait mieux, croyez moi !

Dans ces trois derniers cas, il s’agit de pallier au côté salissant. Cependant, là aussi, nous imaginons que quand les anglais débarquent, les murs vont se retrouver bombardés de sang, un véritable carnage. Tout cela relève du fantasme. Pendant leurs règles, les femmes ne perdent en moyenne que deux cuillères à soupe et demi de sang. On respire mieux tout d’un coup. Non ?

Pour vous faire une idée de la puissance des idées préconçues qu’on nous a fourrées dans la crâne, la journaliste du Monde et bloggeuse sexo Maïa Mazaurette, cite une étude de 2011 menée à l’université de l’Arizona « parmi les réfractaires à l’amour pendant les règles, il y a quatre raisons invoquées : le côté salissant des rapports, l’inconfort du partenaire, la perception négative de soi-même, la gestion émotionnelle du dégoût du partenaire. Ce qui signifie que sur quatre « problèmes » trois relèvent de causes culturelles. » La gestion émotionnelle du dégoût du partenaire… J’imagine le mec en pleine crise de panique, la fille l’obligeant à gober un Xanax pour qu’il retrouve ses esprits…

  •  La pilule pour stopper les règles. Pour celles qui parviennent à prendre tous les jours la pilule, il en existe de micro progestatives qui permettent de ne plus avoir de menstrues. Dans Sang Tabou, Camille Emmanuelle cite la gynécologue Hélène Jacquemin-Le Ver : « Il perdure aujourd’hui dans les esprits – y compris ceux de médecins, ce qui est plutôt alarmant – que la suppression des règles est mauvaise pour la santé. Or c’est totalement faux. Cela ne présente, par ailleurs, strictement aucun danger pour la fertilité. Avec la contraception, on peut suspendre son cycle et le retrouver sans souci après. »
  •  S’ouvrir à d’autres jeux. Le sacro saint coït ne représente qu’une infime partie de la sphère des sexualités. Nous avons tendance à en faire une obsession pour des raisons culturelles, les religions l’ayant béatifié pour assurer la multiplication des fidèles. Or, vous qui suivez Paris Derrière, vous savez qu’il y a plein de sexualités à explorer : sexe oral par exemple, ou bien un zeste de BDSM, vous reprendrez bien une petite fessée, non ? Et puis, heureusement il y a l’anus, l’anus ! (Phrase à chanter sur la musique de la vieille pub Findus). Quand le con est gelé, c’est bien pratique. C’est aussi une merveilleuse occasion de réchauffer l’intimité de monsieur trop souvent délaissée. Les vertus du plaisir prostatique sont innombrables mais restent peu connues hélas. Je vous en avais fait les éloges ici, et je ne manquerai pas de les renouveler prochainement. C’est un sujet sans fin, un peu comme un puits sans fond, puissant fion !

Sang Tabou – Camille Emmanuelle – La Musardine – 17€ – en vente ici

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