Nuit libertine à l’eau déviante : soirée Wyylde et bazar bienveillant

D’une fête pétillante à une autre… Mon passage accompagné de ma stagiaire Clara, à la soirée organisée par Wyylde, le plus gros site de rencontres libertines avant d’atterrir dans un joyeux chaos. Au cœur de l’hiver, il fait parfois très très chaud ! Devant comme derrière !

L’avenir est si incertain pour la plupart d’entre nous, que la seule solution réside à se réfugier dans le présent. Et si notre cerveau est toujours en train de se projeter, d’anticiper, notre corps lui, vit l’instant. En le réintégrant, en le respectant, en nous réincarnant en levant un peu la tête de nos écrans, nous gagnerons en joie et en plaisir de vivre.

Au bord de la Seine, c’est sous les tours fièrement dressées de Beaugrenelle, que se déroule l’élection de Miss Wyylde, Wyylde étant le premier site de rencontres libertines. Cette start-up et celle de Jacquie et Michel sont les plus florissantes du secteur de la fesse.

Je me pointe et là sur le trottoir une belle queue d’une centaine de mètres. La soirée est à guichets fermés, 150 couples. Les femmes seules sont aussi acceptées mais pas les hommes seuls, parents pauvres du libertinage, car en surnombres. Les messieurs sont victimes d’un patriarcat qui opprime la sexualité féminine. Eh oui ! S’il était moins honteux pour les femmes d’affirmer leurs désirs, elles seraient plus nombreuses dans le libertinage, il y aurait moins de déséquilibre, et nous n’en serions pas là…

Je suis accompagnée de ma stagiaire en bas résille, Clara, journaliste confirmée dans un domaine moins sulfureux que le mien, sauf que Clara s’y ennuie sec, bien plus intéressée par les nuits libérées parisiennes. On l’a comprend… Contrairement à moi, Clara s’autorise à consommer, elle est libertine et elle ne s’en cache pas.

A l’intérieur, les jeunes femmes du vestiaire sont charmantes. J’ai toujours beaucoup de respect pour cette tâche ingrate et pourtant primordiale surtout dans une soirée libertine, où les participants laissent quasiment toutes leurs épaisseurs à l’entrée et il y en a beaucoup en cette saison.

libertine soirée élection Miss Wyylde

La déco est d’un blanc éclatant avec la lumière qui va bien dessus. Canapés de skaï style épuré, voilages noirs, et au sol des carreaux blancs et noirs. Au milieu, dans une ancienne piscine à fond bleu, le bar, à l’intérieur duquel les serveurs s’affairent.

Je claque des bises à tout va d’abord accueillie par la très jolie Sabrina, ambassadrice Wyylde, dans une robe de voile rouge très très transparente.

Il y a aussi Mastermind, organisateur de soirées libertines, D’ange que j’aime surnommer Maitre Bisounours, ça lui va comme un gant de latex. Il est accompagné de sa Chloé délivrée. Je suis ravie de croiser Ressan, depuis 30 ans le seul photographe à parvenir à saisir les libertins au cœur de l’action. Évidemment, la blogueuse charmeuse Clarissa Rivière est toujours bien accompagnée, cette fois d’un cavalier cuisinier et bien sûr, ma chère Ève de Candaulie gainée d’un shorty et bustier de vinyle brillant. La blonde incendiaire me parle de son prochain livre sur un sujet bien transgressif, je n’ai pas le droit d’en dire plus, sinon je vais prendre une grosse fessée !

Sur la piste de danse, s’enchainent quelques performances dont le strip-tease d’un super baraqué, une masse de muscle impressionnante vêtue au début d’un uniforme de policier version GIGN avec cagoule et tout.

Le type retire le gilet pare-balle, les femmes l’ont dans le viseur. Le balèze se frotte à des participantes, les attrape à la volée, elles semblent légères comme des plumes. D’un coup de braguette magique, le pantalon disparaît, reste encore le shorty estampillé « police » derrière. Mais ce dernier finit par glisser, reste alors un mini string, puis plus rien du tout sur un cul tout musclé.

Derrière moi, deux mecs jouent les commères : « le string, ce n’est jamais très heureux sur un mec. » « Ses muscles, c’est du faux, non ? » Je me retourne et les questionne : vous êtes adepte du site Wyylde j’imagine, vous en êtes contents ? « c’est bien pratique quand nous rencontrons d’autres couples en club. Pas la peine de prendre leur numéro, nous les retrouvons grâce à leur pseudo. Mais Emma, lui et moi, nous ne sommes pas ensemble, entendons-nous bien… » On n’est jamais trop pédé !  Beaucoup d’hommes se sentent souvent obligés de démentir des choses qu’on pourrait peut-être éventuellement penser… Pendant ce temps, plus loin, les épouses s’éclatent chaudement, pas de problème pour elles ! Ah ! Comme c’est injuste !

A l’étage, des films glamours sont projetés sur des voilages. C’est plutôt réussi comme effet ! Pas du X You Porn, mais plutôt des plans fétichistes sur des chaussures à talons démesurés, des ralentis sur des corps nus caressés.

Le plancher est percé d’un très large cercle qui donne juste au dessus du bar. Un filet y est tendu avec des balles en plastique au centre, régressif ! Avec Clara nous nous allongeons au milieu de cette toile d’araignée bien confortable, quand une jolie brune d’une vingtaine d’années vient nous rejoindre. La jeune femme travaille dans le développement durable, elle désigne de loin sa moitié, élégant garçon et un couple d’amis rencontré sur le site. Tous environ du même âge. Cette génération a une grande facilité à parler de sexe : « il y a entre nos deux couples, des liens forts, une sorte d’amitié amoureuse, et nous aimons passer du temps à quatre, à discuter et à « coquiner ». Ce soir, nous sommes venus élargir un peu plus le cercle. »

Pendant que nous bavardons, les barmen s’affairent. Sous le poids de nos séants, le filet descend, du coup, la tête d’un des forçats du shaker, frotte en dessous. Clara exprime bien fort sa frustration : « ces garçons sont bien trop habillés pour une soirée libertine ! Allez les mecs à poil ! » Les barmen restent impassibles, remplissant à la chaine flûtes de champagne et verres de vodka pomme. Clara, tu déconnes ! Ils risquent bien de twitter #BalanceTesPorcasses ! On est mal !

Je tombe sur un couple venu de Montargis dans le Loiret. La dame porte un corset noir lacé, une micro jupe et des porte-jarretelles. Le monsieur, chemise claire, pantalon à pince, les hommes eux, ne peuvent pas faire dans l’originalité. Ces deux là pratiquent l’échangisme depuis 8 ans. Alors quelle différence entre le libertinage parisien et celui de la province ?: « autant chez nous, avant et après les ébats, nous faisons connaissance avec les autres couples, nous prenons un verre, nous discutons, autant à Paris c’est direct passage à l’acte et ensuite, tout le monde s’évite ! Comme si rien de s’était passé ! Au fond, c’est le fameux anonymat parisien appliqué au libertinage. »

Dans une alcôve, deux masseurs, Massage-passage et Massagetech, pétrissent les chairs en tout bien tout honneur sur des tables adaptées.

Évidemment Clara, que j’avais perdue de vue depuis un moment y est retranchée. Elle en ressort planante et encore plus pimpante.

Dans un jacuzzi, un couple et une femme s’enlacent et se bisouillent. Plus loin, les coins dédiés aux orgies, sont assez spartiates. Des matelas blancs à même le sol, sans trop de déco, il y fait un peu froid. Un type, les fesses en l’air et nues, pratique un cunnilingus sur une fille allongée. Ce soir, il y a des pratiquants de toutes les chapelles : échangistes, mélangistes, côte-à-côtistes… Vous n’y comprenez rien ? Explicafion :

L’échangisme, basique, simple ! Deux couples échangent les partenaires jusqu’aux coïts. Le mélangisme y ressemble sauf qu’il n’y a pas de pénétration hors du couple par contre, caresses, cunnis, fellations, la ribambelle de préliminaires, est possible. Quant au côte-à-côtisme, le couple ne se mélange pas aux autres. Pendant l’acte, il n’y a aucun contact avec les autres. Il s’agit surtout d’exhibition. Voir et être vu.

Avec toutes ces émotions, j’ai raté l’élection de Miss Wyylde !

Clara est déçue, elle aurait bien fait un gang-bang. Oui, mais pas d’homme seul que des couples. Difficile dans ce cas… On décolle ?

L’Über que nous avons pêché est un certain Hicham à la très longue barbe bien taillée. Il supporte sans broncher nos commentaires sur cette première soirée. Il est même très aimable, ralentissant sans à-coup sa berline, pour que nous puissions nous remettre du rouge à lèvre au tracé impeccable. La beauté de Paris, ses lumières sur les pierres, nous redonnent de l’énergie. Plus efficace que du Juvapine !

Nous débarquons dans une fête déviante délirante donnée dans un appartement d’immeuble moderne près du Canal St-Martin. Pièces fonctionnelles remplies de monde, ici, il n’y a pas vraiment de codes, c’est le grand n’importe quoi. Une fille vêtue d’une jupe de cuir, d’un soutif décoré de nounours et des chaussettes ornées de comics dessinés, me propose un plan direct : « Emma, tu viens avec moi ? Je vais pisser dans la salle de bain sur ce charmant garçon, j’aimerais bien que tu regardes. » Heu ? Je vais d’abord prendre une coupe de champagne ou une eau pétillante du genre…

Un sexagénaire en tutu rouge fait concurrence à soumis Tutu, en rose. Tutu rouge est suspendu par les mains au plafond, collants et culotte baissés, fesses prises en main par Axelle de Sade et Mademoiselle B. Le soumis attitré de cette dernière, Daryl, circule torse nu et glabre. Ça ne loupe pas, des filles lui pincent les tétons dès qu’elles le croisent, doigts baladeurs…

A la cuisine, une anarchiste qui en impose, s’énerve sur les derniers écrits de Julien Coupat, elle le trouve vraiment décevant ! Pendant ce temps, sur le canapé, une jeune étudiante en philo et son petit copain à l’air bien sage, observent amusés, ce joyeux chaos.

Un as du shibari, fait des gros nœuds pour suspendre une brune fine aux cheveux longs et ondulés. Elle se laisse aller, telle un pantin désarticulé.

Clara est sortie des radars depuis longtemps, mes souvenirs deviennent brumeux comme le froid qui sévit dehors. Un baiser échangé, un massage de pieds, quelle que soit la pratique, soft ou extrême, la beauté est là dans l’intensité du moment et les sentiments bienveillants qui l’animent.

Ecrit par
Plus d'articles d' emma

Polyamour : pourquoi plaît-il aux femmes ?

Additionner plutôt que d’être dans la rivalité ! Le polyamour fait parler de...
En lire plus

2 Commentaires

Laisser un commentaire