Ma nuit BDSM chez les amis du Kommandant

J’ai testé la soirée “L’anti-chambre du Kommandant” plus libertaire que militaire. Dans un état d’esprit sans chichi, les participants se sont livrés à des jeux cérébraux et sensuels: fesses rouges et striées, fille à quatre-pattes sous le bar, atelier bondage ou tête à claque, shoots d’endorphine et amour vache. Bienvenue chez les néo hippies trash !

Prenons le temps de faire un petit détour… Direction d’abord, une soirée champagne verticale dans un loft du Pré St-Gervais avec terrasse, bâtiment “haute qualité environnementale”, dalle chauffante au sol. Le buffet est parfait: salade de légumes frais et croquants, ceviche finement relevé, macarons et évidemment champagne à gogo. J’y retrouve des copains de lycée à l’origine plutôt à gauche mais qui en vieillissant, se macronisent (rien à voir avec une quelconque nouvelle pratique sexuelle, non, il s’agit juste d’un attrait certain pour Emmanuel Macron). Mais quitte à se faire sodomiser autant que ce soit vécu pleinement et assumé. Le ventre plein, je quitte le beau linge pour me mettre dans de beaux draps. J’enfourche ma bestiole mécanique, direction Châtillon afin de rejoindre la soirée dénommée “L’anti-chambre du Kommandant” qui devrait sentir bon le cuir et le latex.

Évidemment les lieux de la sauterie ne se trouvent pas au milieu d’un rond point éclairé pleins feux au néon. Dommage d’ailleurs, j’imagine la tête des automobilistes… Le lieu est un peu planqué, alors c’est der gute Kommandant himself qui se plante en bordure de la rue principale la plus proche, pour éviter aux invités de tourner pendant des heures. Sourire avenant, il porte bien une veste d’uniforme : “Mein Kommandant ? C’est Emma de Paris Derrière” ” Bienvenue à toi, c’est par là ! “

Je suis l’indication et m’enfonce dans une ruelle sombre, je gare mon scooter moche, pas d’anti vol inutile. Seule une grande porte blanche est éclairée. Je sonne et là, je suis accueillie par une fille à demi nue, super chaleureuse, super tatouée, avec des pinces à linge accrochées un peu partout ! “Hello ! Si tu as besoin de quoi que ce soit, n’hésite pas… Ça se passe à l’étage…” Aux toilettes, j’enfile mes habits de lumière, jupe et top très cintré de vinyle noir, c’est parti !

A partir de maintenant, âmes sensibles, je vous rappelle que tout ça est du théâtre, et comme dit si joliment Cyril Hanouna, “tout le monde est consentant.”

Le Kommandant et l'une de ses soumises
Le Kommandant et l’une de ses soumises

Pour une fois, il ne s’agit pas d’un donjon à l’ancienne genre cave voutée en pierre de taille mais d’un appartement fonctionnel et propre constitué de deux très grandes pièces. Les lieux sont prêtés par Madame Do, dominatrice qui donne dans l’artisanat. C’est elle qui a réalisé le mobilier dédié aux joyeux châtiments: plusieurs chevaux d’arçon et carcans de cuir rouge… Seule la moquette verte dénote un peu, mais après tout un tapis vert, ça peut inspirer les joueurs…

Décidément, l’artisanat est à l’honneur avec la présence de Maître Charon, forgeron vedette du milieu, connu pour la réalisation sur mesure de tous types de matériels en métal: roues, croix, cages, manches de martinet, cravache et fouet… Le bonhomme en profite pour fêter l’anniversaire de sa femme, une jolie blonde Maîtresse Sow. Un fraisier est en train d’être servi sur la table basse de la pièce la plus bruyante où les claquements de fessées se mêlent à la musique électro.

Charon, forgeron et Maître fouetteur
Charon, Maître fouetteur

Tout autour s’improvisent plusieurs ateliers : sous un grand portant avec une poutre en bambou pour suspendre qui voudra, l’attacheuse Akujo s’occupe d’un beau jeune homme torse nu, mince, sans poil ni cheveux. Dans le BDSM, les zones érogènes sont partout. Quelques mètres plus loin, Sonia Dick, chemisier blanc amidonné et corset noir, met une série de gifles à Mimi Zinella, sacré Mimi, toujours dans les bons coups ! Elle le regarde dans les yeux, c’est intense. 

Je m’approche et une fois l’affaire terminée, je demande à Michel en quoi se faire claquer la trombine, est tout aussi excitant que de se faire trombiner le cloaque (oui, c’est un peu vulgos mais j’avais envie de faire ma Michèle Audiarde) : “tout se passe dans les yeux… les gifles se donnent autant de la profondeur du regard que du plat de la main… surtout quand ce sont les yeux magnifick de Sonia Dick !” Moi : “pas trop sonné quand même ?” Mimi : “ça peut donner éventuellement le tournis. La solution ? une double ! Deux claques synchro en même temps sur la joue gauche et la joue droite, comme on applaudit des deux mains… applaudissez-moi Maîtresse !”

A plat ventre sur un cheval d’arçon, les fesses offertes, Lara Queen, une jeune blonde cheveux longs, corps de rêve se laisse rougir les fesses par deux gars. La fille shootée aux endorphines m’attrape la main : “Emma, vas y touche les !” “La vache ! On pourrait faire cuire un oeuf au plat sur chacune”. Lara est totalement switch, elle passe de soumise à domina en un claquement de doigt. “Tu diras à soumis tutu qu’il est bien couillon de ne pas être venu, pour une fois que j’avais mon gode ceinture. Bon, il aura une option rattrapage bientôt pour mes 25 ans, je vais organiser une partouze géante. Tu viendras Emma, hein ?” “Bien sur, je passerai une tête avec plaisir !”

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Au fond, ce n’est pas une soirée fétichiste où les gens viennent surtout exhiber de beaux costumes et c’est tout. Non, ici ce qui compte ce sont les pratiques et uniquement les pratiques, sans génitalité. C’est du BDSM pur et dur à la fois sensuel et cérébral.

Au bar, une nana immense et rigolote, fait couler le champagne doré ou rosé dans les flûtes. Un barbu à l’air flippant est accoudé. Je m’approche, diantre ! J’ai failli écraser sa soumise à quatre-pattes à ses pieds. Les deux ont l’air d’un sérieux, à fond dans leur trip !

Dans la pièce du fond, l’ambiance est plus feutrée. Derrière le rideau de voile, sur de grand canapés noirs se reposent les guerrières de la nuit. Au fond, une croix de St André et encore un cheval d’arçon qui sert de banc. C’est le coin des besogneux. Un monsieur la cinquantaine, fouette et strie les fesses d’une petite brune. Le maître fouetteur évite soigneusement les reins, il poursuit en variant l’intensité des coups et alterne avec des caresses. La fille compte les coups à rebours “6,5,4,3,2,1”. Dans un total lâcher prise, elle décolle ! L’homme se réjouit de ressentir la chaleur du postérieur de sa belle. Ils finissent par s’embrasser à pleine bouche. Elle, les yeux embuées se contorsionne pour admirer le travail. ” Whaou, c’est superbe ! Plus tard dans la semaine, ça me permettra de me souvenir de ce beau moment.”

Akujo de Cordes et âmes
Akujo de Cordes et âmes
Akujo
Akujo

Un soumis juste vêtu d’un slip de cuir clouté et d’escarpin, cherche sa Maitresse. “Vous ne l’auriez pas vu Emma ?” “Non, peut être t’a t-elle abandonné comme une vieille chaussette ?!” Lui :“Ce serait épouvantable !” Il me raconte qu’ils se connaissent depuis 20 ans, 20 ans d’amour vache ! Lui bosse dans un bureau d’étude, évidemment personne ne se doute de ses week-ends hauts en couleur mercurochrome. “Mes collègues sont des geeks immatures et coincés, des addicts aux écrans sujets à des crises d’angoisse dès qu’on les coupe de Facebook. Ces adulescents me sortent par des trous de nez ! Autant vous dire que j’ai besoin de ce monde parallèle, c’est à peine plus apocalyptique…”

De toute la soirée, je n’ai quasiment pas vu der gute Kommandant lever le pied. Il s’affaire en tous sens, sert des shots de vodka, réprimande sa longiligne soumise chargée du vestiaire ou encore gonfle une piscine en plastique comme celles pour enfants, sauf que celle-ci est noir et dédiée aux jeux uro. Quel confort ! D’autant que les amateurs ont préféré faire ça aux toilettes d’où je vois sortir Mimi, encore lui : “Miss Dick a fait pipi dans ma flûte mais je suis dégouté, tu comprends, moi je préfère me servir à la source ! Je vais l’inviter dans mon pissodrome : une grande bâche, des coussins et des serviettes. Emma, faudra que tu viennes aussi !”

Vers 3h, mouvement de foule vers l’extérieur, ça y est ! C’est fini ! Comme si chacun avait pris sa dose d’adrénaline et d’endorphine, du moins pour le moment. Dans le couloir, éclats de rires, avec ses copines Maîtresse Harmoni Ortica chahute des soumis. Certains partent en after pimenté. Comment ne pas être tenté de prolonger les réjouissances ? Cette parenthèse ne s’achèvera qu’au petit matin. D’ici là, comme les corps bondagés, les heures restent suspendues, en apesanteur…

Prochaine soirée de l’organisateur: Primal Sin #Halloween Fetish Ball – 14 octobre aux Caves St-Sabin – les détails ici

Mes virées précédentes dans le Paris érotique :

1 « Cabaret électro manga et mousse party »

2 “Soumise party & extases sonores”

3 “Expo L’Art du nu : filles en cascade”

4 “Mon dîner chez la dominatrice du site jedominemonmari.com”

5 “Sexercices à la piscine”

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