Festival Erosphère : ralentir pour plus de plaisir

Cette année, le festival Erosphère du 10 au 17 juillet, se met à la page du slow sex à travers divers ateliers. L’idée, c’est de retrouver intuition, concentration et sensation en se connectant à son corps et à celui de l’autre. La tendance s’affirme plus que jamais auprès des parisiens stressés par les objectifs de performance, y compris au pieu.

Speed, toujours plus speed ! Dans nos quotidiens surbookés et hyperconnectés, nous cherchons à rentabiliser chaque seconde. Nous remplissons nos agendas à ras bord et nous sommes plus souvent collés à nos smartphones et nos ordis qu’à nos amant(e), épouse ou mari. Voila pourquoi, en réaction à cette frénésie, émerge la tendance “slow life” pour se reconnecter aux plaisirs simples et au sens de la vie. La slow life, en fait, c’est la life. Le constat est dingue et le besoin est tel que je tourne actuellement avec la réalisatrice Mériem Lay, un documentaire pour France 5 qui donnera des pistes pour souffler, retrouver de la sérénité et éviter le burn-out, nouveau mal du siècle. Le slow concerne tous les domaines de notre vie : slow food, slow management, slow loisir, slow art, slow voyage… et bien sûr le slow sex.

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Très bien Emma, mais c’est quoi le concept ?  Le slow sex, ce n’est pas pour autant faire l’amour comme un escargot, d’autant que la bestiole connaît une vie sexuelle hyper violente comme vous pourrez le découvrir dans cet article, pas de bol ! Non, le slow sex, c’est déguster plutôt que de se gaver, prendre et recevoir en conscience, être là et bien là et pas ailleurs dans sa tête, en train de rédiger le prochain tweet ou checker la liste des courses. L’idée, c’est aussi de ne pas être obsédé par l’orgasme à tout prix ou la performance sexuelle. Le cheminement est plus important que la finalité. En cela, c’est à l’opposé du porno et des sites de rencontre qui poussent à multiplier les partenaires. Dans le slow sex, on profite de l’instant présent, on jouit de chaque seconde qui se doit d’être riche et intense.

Erosphère, festival participatif des créativités érotiques, qui existe depuis maintenant 3 ans, n’échappe pas à cette lame de fond, et accorde une large place cette année à des ateliers dans cette veine. Ateliers à faire seul, à deux ou à plusieurs. L’esprit new age peut agacer et le tarif (à partir de 80€ le pass) n’est pas donné mais vous aurez accès à toutes les activités de la journée. Pas de possibilité d’entrée juste pour une initiation.

Il n’y a pas que les organes génitaux pour atteindre l’extase. Pour en faire l’expérience, je vous conseille le stage “Massage pas sage” qui s’inspire des techniques tantriques.

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L’expérience est multisensorielle. La vue, toujours sursollicitée dans notre société où l’écran est roi, sera mise de côté pour laisser toute sa place au touché, mais aussi à l’ouïe avec de la musique et à l’odorat grâce à la diffusion de parfum. Il faudra se mettre tout(e) nu(e) et il y aura quand même, à un moment, massage des parties intimes.

En revanche, jouir de partout sauf des organes sexuels, c’est le thème de l’atelier “Hors zone érogène”, qui vous permettra de prendre du plaisir par des endroits insoupçonnés qui semblent complètement neutres, et pourtant… Accéder au nirvana via le lobe de l’oreille, oui c’est possible ! Finalement, se la mettre derrière l’oreille, ne sera jamais aussi bon. Vous explorerez différentes façons de stimuler ces zones (caresse manuelle, instrument, souffle, lèvres, langue, paume de la main).

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Ça permet aux amoureux par exemple de prolonger la complicité sensuelle en public sans choquer, histoire d’en profiter en tout lieux et à toute heure. Dans le même style, rendez-vous à l’atelier Sentier sensoriel.

Pour ceux qui se font des noeuds au cerveau et qui ne sont pas claustros, je vous conseille la session “Accordez moi ce plaisir” consacrée au bondage, l’art d’attacher et de se faire attacher. Paradoxalement, pour certaines personnes, c’est un moyen de se libérer l’esprit. Bien sûr, vous y apprendrez en priorité les consignes de sécurité. L’enseignement est délivré par Cyril Quantique, que j’ai rencontré dernièrement.

Cyril - Place des Cordes
Cyril – Place des Cordes

Ce passionné est le premier à avoir ouvert à Paris un lieu dédié : Place des Cordes. Bientôt sur le blog, je vous ferai part de mon reportage là bas. J’y ai découvert une pratique plus proche de la méditation et du yoga que du BDSM. Étonnamment, le bondage est très slow sex, dans le sens où le plaisir passe par une intense relation à l’autre et un cheminement, plus que par le but, à savoir transformer son partenaire en saucisson !

Dans le même esprit, il y a l’atelier d’Aloysse Manhes, personnalité bien connue parmi les attacheuses de talent. L’esprit BDSM sera davantage présent, avec dans la première partie, des pistes pour improviser un scénario (école, police, confessionnal etc…). Il ne sera question de se bondager la tête avec cagoules, écharpes, foulard, bas, collants ou cordes. Ce qui n’est pas rien !

Aloysse Mahnes
Aloysse Mahnes

Enfin, dans un esprit “culture touffe” et seulement pour les nanas, je ne saurais trop vous conseiller de partir à la découverte de votre sexe et oui ! C’est une expérience “revivol” menée par l’artiste Nathalie Mondot, dans la droite ligne des ateliers féministes des années 70. Théorie mais aussi découverte avec un miroir, et les plus téméraires pourront jouer les spéléologues, équipées cette fois-ci d’un spéculum et d’une lampe torche.

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Pour des raisons culturelles mais aussi d’emplacement bien caché, rares sont les femmes qui ont déjà scruté en détail ce qu’elles possèdent entre les jambes. Comment ensuite ne pas s’étonner que l’accès au plaisir soit si compliqué, si on ne commence pas par le début ? Le bon sens au plus près de vous, avant tout, c’est ça le slow sex ! On est finalement bien loin de tout ésotérisme.

Festival Erosphère IN du 14 au 17 juillet- Studio Micadanse – 16, rue Geoffroy L’Asnier – Paris 4ème programme complet ici

Festival OFF du 10 au 12 juillet (atelier d’écriture, résidence artistique, apéro pour lancer l’évènement etc..) programme ici

One thought on “Festival Erosphère : ralentir pour plus de plaisir

  1. Coucou Emma enfin j ai reussi à le lire ce foutu post 🙂 faut que je parte en vacances pour avoir un peu de temps grrrr
    Donc l’article tombe à pic 🙂
    mais voilà je suis tatillonne des fois je te pointe juste un détail “on jouit de chaque seconde qui se doit d’être riche et intense.” en fait nom on jouit de chauqe seconde qui se doit d etre ce qu elle est point final
    Ca semble etre un detail mais dans les ateliers qu on anime avec Renaud on a appris a faire très attention à ce genre de détail très rapidement le cerveau bien conditionné du compétiteur en nous se raccroche à la dernieres parties “se doit d’être” et en avant guinguamp retour des tensions des obligations etc
    quand tu parles justement de revenir ici, d’apprendre à aimer le chemin il y a une chose essentielle à mon sens c’est apprendre à aimer les cailloux sur ce chemin, aimer les coups tout pourris mais ou si on est un tant soit peu détendu on passe une super soirée scrabble et mojito en s endormant dans les bras d un gentil nounours. On apprend à aimer les riens, les carrément rien du tout les moments de vide pas forcement confortable mais essentiel pour faire émerger autre chose
    Le drame je crois de notre monde (en tout cas un des gros facteurs aggravant) ce sont les termes je doit et il faut
    Nous sommes conditionné à etre productif et rentable mais la derniere fois que j ai allumé bfm tt il disait encore que nous etions des humains pas des voitures ….
    Alors pour que le slow redeviennent la regle rappelons nous que nous avons le droit, voire le devoir, de nous tromper, de perdre du temps, de flaner, de ne rien faire, de fiare gratos, de nous amuser finallement comme des enfants …. simplement
    Merci pour tout ton travail

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