Ciné : big bang avec Bang Gang

Un film à la fois sulfureux et esthétique en ce moment sur les écrans. Dans la veine de Kids de Larry Clark ou Virgin Suicides de Sofia Coppola, avec Bang Gang, une histoire d’amour moderne, la réalisatrice française Eva Husson signe une oeuvre dérangeante sur la sexualité extrême d’une bande d’ados désoeuvrés. Paris Derrière est allé se poser en salle obscure.

Qu’ils sont rares les films français qui parlent du malaise de la jeunesse ! Peut-être parce que notre pays à la population vieillissante a du mal à comprendre ces générations, smartphone greffé à la main et consommatrices de porno à portée de clic. Voila pourquoi Bang Gang fait figure de big bang dans les salles.

Le pitch : dans le coin de la chic station balnéaire de Biarritz, de jeunes bourgeois s’ennuient tellement qu’ils pimentent leur vie en organisant une orgie. Aucun ingrédient de notre époque épique, ne semble avoir été oublié: surexposition de l’image sur les réseaux sociaux et You Tube à un âge où l’on est mal dans sa peau, mais aussi drogue “de l’amour” type extasy. Le tout s’inscrit dans un contexte “no future” distillé en fond sonore par les infos diffusées à la radio. Il y est question d’une série de catastrophes ferroviaires, allégorie d’une société mue par la vitesse, l’émotion permanente et l’absence d’espoir en l’avenir liée à la pauvreté du débat politique.

Bang Gang
Bang Gang

Un film transgressif donc, d’autant plus qu’il est réalisé par une femme, Eva Husson qui signe là son premier long métrage. La réalisation léchée, les images vaporeuses donnent une certaine sensualité, le tout dans un décors relativement friqué. Les personnages, ados bien éduqués, bien sapés (quand ils sont habillés) ne mâtent pas les pires pornos des bas fond du net mais plutôt Sacha Grey, la hardeuse américaine intello, s’il vous plait ! Ce parti pris d’une forme certes très esthétique sans être révolutionnaire, est assez malin. Cela permet de faire passer des scènes crues, sans provoquer l’excitation des associations de cathos tradi, contrairement au pataques lors de la sortie du film Love de Gaspar Noé, l’été dernier.

Mais au fond, dans Bang Gang, on retrouve des jeunes comme il y en a toujours eu, avec les même émois, prises de tête et cruautés liés à la découverte de la séduction. Et comme souvent, côté réputation, ce sont les filles qui payent l’addition même si, il faut bien l’admettre, contrairement à leurs ainées, elles sont davantage à l’initiative. Pas vraiment des victimes passives. Et enfin, pour ceux qui s’inquièteraient d’un film qui donnerait le mauvaise exemple, don’t worry, la fin demeure très morale. Comme ça, on évite tout scandale.

Bande annonce

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