Le photographe Frédéric Fontenoy demande réparation à Madonna pour plagiat

le plagiat

La reine de la pop a posté sur ses réseaux sociaux un photo montage de son visage sur un auto-portrait du photographe parisien Frédéric Fontenoy, connu pour ses beaux clichés érotiques. Ce n’est pas la star mais le graphiste Doug Abraham qui l’a réalisé. Face à cette appropriation, Frédéric Fontenoy dénonce un viol artistique et réclame des dommages et intérêts.

Madonna qui n’est pas toute vierge en matière de plagiat, continue de s’assoir allègrement sur la propriété intellectuelle d’autrui. C’est ce qu’a constaté à ses dépens Frédéric Fontenoy, photographe parisien que vous avez pu voir il y a quelques mois dans une jolie séquence de l’émission télé Paris Dernière sur Paris Première.

Frédéric a la particularité de prendre des clichés érotiques dans un même et unique décors très abouti qui occupe une pièce entière de son appartement situé dans le quartier indien de La Chapelle. Dans cet univers qu’il enrichit depuis une dizaine d’années, le perfectionniste ne laisse rien au hasard. Tapisserie noire, mobilier d’époque, miroir, objets, lumière blanche, le tout crée un style inimitable qui magnifie ses modèles ou lui même.

L'auto-portrait de Frédéric Fontenoy
L’auto-portrait de Frédéric Fontenoy

Fin avril, un ami Facebook signale à Frédéric qu’un de ces derniers clichés, un auto-portrait assez soft, se trouve sur le compte de Madonna ainsi que sur sa page officielle Instagram. La tête de la star y a été ajoutée, sans que le photographe n’ait été crédité.

Le pillage est signé du graphiste Doug Abraham qui l’expose également sur ses réseaux sociaux. Cet as du photoshop est connu pour détourner avec provocation, les campagnes de pub de grande marque en y ajoutant des éléments scabreux empruntés aux scènes de crime ou encore au porno. Interrogé par le site de design SSENSE, Doug Abraham avoue : « comme je me suis toujours attiré des ennuis pour avoir enfreint les règles, je me demande souvent où se trouve la limite et quelles sont les zones grises. » Ce qui ne l’empêche pas de vendre ses œuvres via sa boutique en ligne, environ 100 dollars la pièce. Par ailleurs, il possède un magasin de vêtement branché à New York et, parmi sa clientèle, il compte… Madonna.

Frédéric poursuit le récit de sa mésaventure : « De nombreux commentaires indiquaient qu’il s’agissait de mon travail, et que c’était scandaleux que je ne sois pas crédité ». Sur les conseils du cabinet d’avocat Pierrat, spécialisé dans la défense des droits d’auteur, le photographe fait faire un constat d’huissier. Par ailleurs, il demande aux services de Madonna et de Doug Abraham d’enlever l’oeuvre détournée de leurs pages respectives. Si la star s’exécute, le graphiste, lui, la laisse visible. C’est Instagram également contacté, qui finira par la retirer. 

le plagiat sur le compte officiel Instagram de Madonna
le plagiat sur le compte officiel Instagram de Madonna

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Sauf que pendant cinq semaines, le photo montage a été liké plus de 45000 fois. Par ailleurs, il est resté visible sur le compte Instagram « la Ciccone » pendant quatre mois. Enfin, par le jeu des partages, le cliché litigieux traine encore sur des pages de fan.

Frédéric Fontenoy réclame à la diva et à Doug Abraham des dommages et intérêts en réparation de cette contrefaçon. Le 18 aout dernier, le cabinet Pierrat en a fait part au manager de Madonna, Guy Oseary. Mais il n’a toujours pas répondu à ce jour.

Frédéric est sous le choc : « je me suis fait violer artistiquement, je ressens comme une négation total de mon art et de moi même. » C’est une longue quête dans laquelle se lance l’artiste, dans un contexte de flou juridique qui entoure le détournement d’œuvre, une pratique de la culture geek en plein explosion.

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