Le club libertin fantôme

Je laisse le clavier à Sun, une copine noctambule qui a atterri récemment dans l’un ces lieux parisiens que la morale réprouve. L’adresse ? Elle ne s’en souvient plus…

Je ne suis pas celle que vous croyez.
Tellement pas, que je reste sous couvert d’anonymat.
On vient de là où on vient, avec le vécu qu’on a, et on peut se retrouver à trente sept ans, à être une jeune première, aussi innocente et naïve qu’au premier jour, et découvrir.
Bref. Ce soir-là, je me retrouve en club libertin, très alcoolisée, bien partie en ce qui concerne les choses, et très à l’aise avec mon cavalier. Sans lui, d’ailleurs, je ne me serais pas retrouvée dans telle situation, mais c’est une autre histoire…

On tourne un peu dans le quartier avant de trouver l’endroit, discret, et criant en même temps, posé comme une boite noire en bas d’un immeuble dans une rue sans rien, comme une discothèque sans nom. C’est là, tu crois ? J’sais pas, y’a rien, ça a l’air fermé.
(Les bleus de service, qui n’ont pas compris que le principe était la discrétion. Non, y’a pas des meufs à poil qui dansent devant. Bizarrement.)

On sonne. On nous ouvre. On entre. On sourit. On est content. On (il) donne du blé. Trente cinq euros pour nous deux, avec deux consos comprises.
Un monsieur nous explique le principe :
– Au niveau, la piste de danse (on ne dira pas dance floor ici) et le bar, où on nous fera gentiment une note des autres consos (Paye à l’entrée, paye à la sortie, n’oublie pas de payer. T’as payé ?), et un fumoir-aquarium. Les toilettes.
– En bas de l’escalier, un dédale de “coins câlins”, plus ou moins spacieux. Des alcôves, une grande chambre avec un joli lit rond, de l’obscurité, des rideaux de perles, de la lumière tamisée…

On fait le tour, on ricane un peu bêtement, on prend des airs de connaisseurs, comme si on visitait un appart (Ah oui, c’est pas mal. C’est bien isolé ?)
On remonte. Tu bois quoi ? Une coupe ? Ok. On va fumer une clope ? Ok.

Le fumoir. Deux mecs, une nana. une ambiance à couper au couteau. Tout le monde regarde un point fixe au loin. Contre le mur, comme dans un ascenseur. Lui et moi, on se regarde, on essaie un bonsoooir. Peu de retour. Cigarette. Rougeoiement dans la fumée.
La piste. ça danse un peu. Deux couples. Quelques filles. Ça danse en se matant dans le miroir, ça minaude, mais rien de très sexy…
Le bar et le bord de la piste. Une serveuse en soutif qui déborde de partout. Des messieurs seuls qui matent, comme des crevards.
Une femme avec une poitrine magnifique dans un beau bustier.
On danse un peu. Je joue le jeu du miroir, toute en jambes. Faire ma jolie, j’adore ça, pour un peu que l’occasion se présente.
Deuxième coupe, troisième coupe qui piquent chaque fois un peu plus. On aura mal à l’estomac…
On tente un tour en bas, mais des hommes seuls qui tournent, comme des zombies, me mettent mal à l’aise.
Jamais je n’en laisserai un me toucher, ça manque de drague, d’échange, de rigolade.
On remonte, on me met la main au cul. Trop tard mec, fallait te manifester avant et autrement.

Comment ce qui est sensé être coquin, rigolo, amical et convivial, du partage quoi, pourrait-il se développer dans une ambiance aussi glauque et froide ?
L’ambiance se prête bien moins aux regards échangés, aux œillades coquines, que dans une boite un peu kitsch de province. Est-ce parce que tout le monde sait pourquoi on en est là, qu’on estime ne pas avoir besoin de passer par la case séduction, entendre jouer et se plaire ?
La drague est l’excitation qui prélude tout rapport. Le meilleur des préliminaires. Je ne couche pas avec des inconnus car je n’ai pas envie d’eux. Suis-je prude ? Pas une vraie coquine ? Mais est-ce que j’ai quelque chose à prouver à ces messieurs en manque ? Non.

Deuxième passage en caisse, on s’en va.
Votre première fois en club, m’dame ? Oui, je suis venue tester la température. Vous savez bien la tester, madame, à bientôt, madame.

Conclusion : je suis bonne, comme si j’avais besoin d’en être sûre, et je reviendrai. Mais ailleurs.

10636191_358803627606032_2963613747996448464_n

Sun

11 thoughts on “Le club libertin fantôme

  1. Je trouve dommage de commencer l’article par “que la morale réprouve”. Je sais que c’est un cliché de style, mais quand même. Que se passe-t-il d’immoral dans ces lieux, exactement ?

    Quand au témoignage, je me suis arrêté dès que j’ai lu que la personne était saoule. C’est vraiment une très mauvaise façon de découvrir le libertinage, et sans doute la pire des raisons. Du coup, je ne sais pas comment cela s’est passé ensuite, mais si son avis est négatif, il ne faut pas chercher plus loin.

  2. Je suis d’accord mais il s’agit surtout d’un texte et non d’un commentaire sur un établissement. C’est un point de vue. Je ne pense pas que tous les clients des clubs soient sobres.

    1. Evidemment, une partie des clients boivent en club, même trop pour certains, hélas.. Mais les libertins sont sobres quand ils entrent ! La différence est là. Le consentement est vital dans le libertinage. Quand on fait quelque chose uniquement parce qu’on est bourrée, mais qu’on ne l’aurait pas fait en temps normal, il y a un problème.

          1. oh non, ne soyez pas désolé. c’est moi qui me désole que le monde soit peuplé de personnes qui prennent la peine de commenter des choses dont ils ne savent rien. qui n’ont pas envie de voir plus loin que le bout de leur nez, de leur vision étriquée et des étiquettes qu’ils collent sur tout et sur tous…
            parce que je n’ai jamais prétendu être une libertine, mais… vous ne pouvez pas savoir vous n’avez pas lu le texte. et pourtant si, c’est même la première phrase : je ne suis pas celle que vous croyez.

            mais comme on dit par chez nous : dont feed the troll, alors je vous souhaite une belle journée.

  3. Bonjour,
    Pour ma part je trouve cet article bien tourné et il ne s’agit pas de prosélytisme pour le libertinage mais plutôt d’une tranche de vie rigolote sur un thème un peu brulant. Notre journaliste en herbe débute et a besoin d’un petit verre pour se donner du courage, c’est bien normal et à propos du consentement c’est tellement vrai qu’elle ne consent pas !
    Allez les libertins, cool. C’est ouvert à tout le monde même à ceux qui débutent et je crois qu’il faut éviter l’ostracisme en voulant plaquer des codes et des règles sur une pratique qui doit rester le plus naturelle possible pour ceux là même qui ont envie d’essayer.
    Bravo encore pour ce blog
    Bonne continuation,
    Philippe

  4. il ne s’agit bien évidemment pas d’un “avis” sur un club, ni même d’un témoignage d’une expérience de libertinage… c’est juste la vie…
    et surtout en ce qui me concerne, un moment d’écriture.

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.