une sortie en boîte de cul ?

On dit que Paris est la ville au monde qui compte le plus de clubs libertins. Ces établissements de loisirs sexuels sont un excellent pôle d’observation des tabous de la société. On imagine le milieu libertin transgressif, il est en fait plutôt conservateur. Par exemple, les relations sexuelles entre hommes ne sont pas tolérées. Un soir, assise au bar de l’une des boîtes de cul les plus populaires, j’avais émis le désir de voir une telle scène. Et bien, un type a voulu me gifler ! Pourtant, les ébats entre femmes sont encouragées. On se demande bien pourquoi… Autre exemple : la hantise du poil intime. Tous le monde doit être épilé de près, même les hommes. Quand au dress-code, il est très strict : femmes en jupe , hommes en chemise, pantalon noir, chaussure de ville. Pas de place pour la fantaisie.

Marc Dannam, auteur du guide « Osez faire l’amour à Paris » qui vient de sortir à la Musardine, souligne ce paradoxe entre moeurs libérées et règles un poil réac.

Pour juste se chauffer entre amoureux, ne venez pas trop tard, minuit, pour profiter à fond. Prenez un verre, calez-vous dans un bon canap de velour noir et amusez-vous à observer les autres couples, essayer de distinguer les vrais des faux, un baiser entre amoureux, repérez leur jeux comme une femme qui danse pour exciter son mari, les couples illégitimes, sex-friends, parfois des prostituées, mais rarement. Ce qui fait tous le charme des lieux, au fond, c’est l’amour qui unit quand même la plupart des couples.

Les noctambules tous terrains doivent aussi tenter l’aventure surtout le week-end. Contrairement à une discothèque classique, il y a moins de clients au mètre carré. Les gens ne sont pas les uns sur les autres (sauf évidemment quand ils le décident, et ce dans l’espace prévu à cet effet ). Il y a toujours de la place pour s’assoir, des canapés confortables. Vous pouvez laisser trainer votre verre, personne ne vous le volera ou mettra quelque chose dedans. Les lieux sont super surveillés et propres (c’est la moindre des choses). Enfin, et seulement réservé aux femmes hélas, le kiffe de pouvoir porter en public sa robe la plus osée, faire un strip-tease selon humeur, le tout sans se faire emmerder. Les meufs peuvent se frotter l’entre jambe sur la barre de lapdance, façon Rihanna sans qu’une main lourdingue vienne tout gâcher. Une expérience à vivre..

Sur le dancefloor, les corps se lâchent sur les hits du moment: David Guetta, Madonna, un peu de zouk, musique orientale. Pas de musique pointue, mais pas de danse des canards non plus. Ringard mais trop sympa: certains sex-clubs conservent encore leur quart d’heure slow, les derniers à exister encore sur le territoire parisien. Après avoir partouzé, les couples s’embrassent tendrement sur de la guimauve. Trop mignon !

Dans les clubs libertins, on ne baise pas n’importe où. Seulement dans ce que ces boites appellent pudiquement des « coins câlins ». De grandes pièces avec des matelas et des boites de mouchoirs.

Quand vous y pénétrez, ce qui est toujours impressionnant, c’est le silence qui y règne. Il flotte dans l’air une sorte de gravité, ça me rappelle la messe. Et malheur à ceux qui commencent à papoter, ils se feront sèchement rappeler à l’ordre par un client un peu chauve, le calebute au genou.

L’obsession des clubs libertins parisiens, c’est d’attirer une clientèle de plus en en jeune et convertir de nouveaux adeptes. Dernière enseigne à tenter de relever le défi: le Mask. Tout près de la place de la Bourse, ce club prône “le libertinage pour tous”. Sa particularité: les patrons viennent de l’évènementiel et non du milieu libertin. Même les très « people » Chandelles proposent un tarif préférentiel pour les moins de 30 ans le dimanche soir.

Ceux qui avaient tout compris dès le départ c’est l’Overside.  Ce club comprend une vraie partie discothèque, avec un DJ résident, dancefloor sur 3 niveaux. A l’autre bout, les coins réservés à la gaudriole sont isolés . Si bien que vous pouvez très bien passer la soirée à danser sans visiter les backs rooms. Une atmosphère plus soft pour les novices. Voilà pourquoi dès sa création  il y a 10 ans, le club a su attirer de jeunes libertins, âgés parfois d’une vingtaine d’années seulement. Ils se mêlaient alors à la clientèle plus âgées d’habitués.  Les soirées réservées aux couples accueillent une clientèle plus festive que libertine. L’Overside est-il toujours le club le plus fun de la Capitale ? J’y retournerai bien pour vérifier…

 

Paris Derrière

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5 Commentaires

  • Euh… je ne suis pas sure que je recommanderai aux couples qui s’aiment d’amour « guimauve » d’aller dans ce genre de clubs, ce caler dans un canapé et observer les autres en jouant au jeu de « qui est un vrai couple, un faux, …? ». Le libertinage, ce ne sont pas les jeux du cirque où les curieux viendraient mater, bien calés dans leur canap’ en velours…
    Le libertinage dans les clubs est parfois bien moins rose que ce que semble en décrire cet article – je dis cela basé sur mes observations perso (à noter cependant que je ne suis jamais allée à l’Overside), et sur des dizaines de témoignages de femmes libertines que je côtoie.
    Enfin, dernière remarque, je me demande bien comment on peut être « libertin à vingt ans ». Mon dieu… Le libertinage demande quand même un peu de recul sur la vie, le désir, le couple, etc… Je ne sais pas, je me demande si à 20 ans on a déjà suffisamment de réponses et de recul sur ses propres désirs pour pouvoir se proclamer « libertin » ? Me concernant, à 20 ans je n’avais aucun recul sur mon propre désir, et j’étais quand même hyper influençable. Alors que des jeunes gens de 20 piges viennent une fois de temps en temps observer et se faire leur propre idée, why not… Mais se prétendre « libertin » à 20 ans… je n’arrive pas à m’y faire…

    • Chère Camille, tous les libertins confirmés ont bien commencé un jour. Les couples qui s’intéressent à cette aventure ont besoin, dans un premier temps, de venir observer les clubs pour savoir où ils mettent les pieds. J’incite les lecteurs libertins ou pas à se rendre illico sur ton blog http://libertinage-paris.blogspot.fr/
      C’est le premier blog à soulever des questions taboues dans le libertinage : y a t-il des actes contraints dans les clubs ? les filles sont-elles toujours consentantes ? Camille balance sur les dérives des sites de rencontre et remet les points sur les I. Tout ça avec en prime, une très belle plume pour servir ses arguments. Ce blog donne aussi de précieuses clés de reflexion pour comprendre ce milieu pas toujours rose. Enfin, dans une époque où « être libertin » est devenu une expression fourre tout vidée de sa substance, Camille lui redonne sens et livre sa vision de l’héritage des libertins du XVIIIème. Témoignages en cascade riches et rares.

  • Je ne savais pas que les propriétaires du Mask venaient de l’évènementiel, mais je trouve ce club assez bien conçu et incomparablement plus accueillant que les Chandelles dont la rudesse de la réception n’a d’égale que celle des galipettes au sous-sol. Je me souviens de nuits particulièrement festives à L’Overside voici plus de 10 ans (http://extravagances.blogspirit.com/archive/2007/01/22/premiere-soiree-a-l-overside.html ) et d’autres moins quelques années plus tard… Quant à l’âge moyen de la clientèle, elle demeure dans la petite quarantaine pour tous ces clubs. À quand une interview dans les bulles du Moon-City ?
    Un typo : « Ceux qui avaiENt tout compris »

  • merci de m’avoir indiqué cette faute.
    Oui l’Overside semble, pour moi, la boîte la plus festive. J’y ai rencontré parfois des très jeunes gens mais on est d’accord, l’âge moyen tourne autour de 35-40 ans. Ce qui est assez logique. Les couples formés de longue date peuvent entretenir leur relation par le biais du libertinage, faire renaître le désir.
    Je ne suis pas allée à l’Overside depuis 2 ans. J’irai faire un tour à la rentrée pour vérifier si le club est toujours aussi festif.

  • L’article est ancien mais je me retrouve bien dans le contenu et les commentaires de cet article.

    Oui… comment peut-on être « libertin », voir sur des sites de rencontres, à 20 ans… Quelque chose m’échappe !

    Pour les clubs je n’ai pas encore été m’encanailler au Mask mais je ne cesse d’en entendre parler en bien.

    J’aime toujours l’Overside avec l’ambiance que procure sa piste de danse. La tranche d’âge me convient bien, même si la dernière fois il y a avait deux couples quand même assez agés…

    J’aime bien le Moon mais je trouve que le niveau baisse. Il aurait besoin d’une petite reprise en main à mon sens.

    Mon préféré pour le moment c’est les Chandelles en after work. J’adore le gérant qui officie l’après midi et l’entrée de 30€ si je me souviens bien est très abordable.

    Voilà. Désolé de réveiller ce vieux article mais cela me fait plaisir d’apporter ma petite contribution…

    Bises

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