Fallait-il oui ou non aller à la Nuit Démonia 2014 ?

Si les habitants d’Issy-les-Moulineaux savaient ce qui se tramait ce samedi sous les caves voutées des anciennes crayères de la ville, ils auraient flippé. Voilà pourquoi, il fallait supporter de sortir en banlieue pour voir ça : la Nuit Démonia 2014, la plus grosse fête fetish bdsm de l’année.  Entre 1500 et 2000 personnes sont venues de Paris, de province et de l’étranger pour s’exhiber en cuir, vinyl ou latex. C’est l’apocalypse joyeuse où se croisent soumis en laisse, dominateurs concentrés, dominatrices rigolardes, travestis et libertins…

Je m’y étais rendu il y a 7 ans. J’avais boudé depuis l’évènement devenu trop commercial. Mais depuis 2 ans, les organisateurs se sont sortis les doigts du cul. Me voilà donc en panoplie d’infirmière, perchée sur des bottes vinyl rouge compensées et talons aiguilles, déambulant au milieu de cette faune. Le but est surtout de parader dans des tenues de fantasme et d’enchainer les scènes surréalistes: une domina assise, les jambes allongées sur son soumis, à quatre patte, un type mince, cagoulé, un gode en plexiglass transparent planté dans le cul. De temps en temps, la maitresse donne un coup de cravache sur ses fesses. Parfois, avec son pied, elle enfonce un peu plus le sex toy. Un homme moulé dans une combinaison en vinyle se met à fouetter les fesses peu charnues du soumis. C’est un vrai fouet. Puis, le mec disparait.

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Les lieux sont un dédale de galeries en craie, je me perds, impossible de m’orienter de toute la soirée. En plus, j’ai mal aux pieds dans ces putains de shoes. Une soumise s’est fritée avec son maitre « il voulait que je ne prenne aucune initiative. Du coup, je m’ennuyais… alors il a repris mon collier de chien ». Un peu plus loin, une fille se fait attacher et suspendre avec des cordes par un maitre Shibari. Très esthétique, très tendance dans le milieu. Une sorte de sm zen basé sur les sensations. Dans un renfoncement, une petite foule admire un maître fouetteur, un gros martinet dans chaque main. Il s’occupe de deux filles attachées côte à côté et suspendues par les mains. Sur leur peau couverte de peinture phosphorescente, les lanières dansent, caressent, puis claquent. Les corps en redemandent.

Rare dans une teuf à Paris, jeunes et vieux sont mélangés, et ça fait plaisir. En revanche, peu d’homos et de lesbiennes affichés mais beaucoup d’hommes qui aiment se faire enculer par des dominatrices en gode ceinture. Ces sodomites ne se posent absolument pas la question de leur tendance sexuelle. « Je n’ai aucun penchant homo, c’est ma Maitresse qui m’ordonne de donner mon cul à ce gros type chauve, le garçon boucher en tablier de latex blanc là-bas. » me confie Bidule, soumis quinqua, vêtu d’un simple string sous son bedon.

J’ai croisé de vieilles connaissances, potes de soirées déglingues, d’afters d’anthologie comme Richard, grand lécheur de pieds crasseux devant l’éternel ou Xavier qui kiffe faire le ménage chez ses copines.

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Derrière les cagoules et les perruques, les gens plaisantent, draguent, flirtent comme dans n’importe quelle soirée.  Je n’ai jamais réussi à trouver le dancefloor. Je crois qu’on s’y amusait bien.

Mais il y a quelques points noir mais noir crasseux, les chiottes. Chez les dames, 3 WC pour, admettons, grosso modo 800 femmes. C’est honteux. Evidemment les lieux sont dignes de la célèbre scène de Transpotting, avec en plus des protèges slips échoués dans la mélasse de pisse. Un marécage, quoi ! Au lave-main, y a du savon, quand même. Pour du papier pour s’essuyer les mains, faut pas rêver. Je n’ai jamais compris le laisser-aller de la propreté des chiottes dans ce type de soirées.  Ce n’est pas l’orgie mais les pratiques sexuelles sont autorisées. Faut un minimum d’hygiène ! Et puis, la moindre des choses, c’est des wc en nombre suffisant pour ne pas passer un tier de sa soirée à faire la queue.

Autre point casse-couilles: les bars. Blindés, trop de monde, des plombes à attendre des barmans débordés car pas pros, mais très gentils quand même.

Enfin, il y avait trop peu de chaises pour s’assoir, surtout pour les meufs en talon de malade. Hors, si y a bien une soirée où tu peux te la péter avec, c’est là dedans. J’ai souffert des pieds, atroce ! Un manque indéniable de confort pour la vieille trentenaire que je suis.

C’est sûr, c’est pas le Kitkat Club de Berlin.

Background: pour découvrir les rapports de domination / soumission et les secrets du SM, écoutez ce formidable documentaire audio d’Arte Radio. Une séance avec une dominatrice. Ça vaut tous les longs discours… http://www.arteradio.com/son/615936/la_bande_sm_/

Paris Derrière

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6 Commentaires

  • Hello,

    J’y suis aussi allée. Je reste assez mitigée sur l’ambiance et complètement d’accord avec toi quant au manque de chaise. Surtout que le masseur fétichiste des pieds refusait celles qui comme moi portaient des escarpins et non des bottes 😉

    Lilly

  • Je comprends ton ressenti mitigé. C’est vrai que la soirée manquait de fun. Mais à Paris, c’est souvent le cas dans ce type de soirée. C’est pour çà que je vais à Berlin. Je te recommande le Kitkat Club, une institution. Ambiance fetish, hot et festive jusqu’au bout de la nuit. En plus, c’est pas cher.

  • C’ est vrai trop commercial. Toutes les dominas sont des professionnelles, mais elles n’ aiment pas le vrai bdsm et sexe pure .
    Pour ma part j’ aime les femmes dominantes qui aiment vraiment l’ art bdsm et capable de penser à son soumis. Mais les dominantes sont trop personnelles, pour le commerce, pensant qu’ à l’ argent et le pouvoir de vouloir matériellement.. Si ls femmes profitent sur des hommes riches qui eux utilisent l’ argent à des gens qui n’ ont rien. Voilà comment je vois les choses. Pour ma part j’ accepterais de travailler pour une femme dominante mais dans le milieu bdsm pure et sexe sans tabou et ce sera une preuve de soumission. [email protected]

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