le petit théâtre de boulard

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Le concept: un tournage d’un film porno sur une scène de théâtre regardée passivement par le vulgum pécus. Assister à un tournage de porno, n’est ce pas une chance inouïe ? Mais la chance se provoque en déboursant 60 euros. Moi, je n’ai pas payé comme tous les journalistes branleurs profiteurs, c’est bien connu.

On ne s’y pointe pas comme çà sur un coup de tête. Il faut d’abord appeler un mystérieux numéro de portable donné sur le site internet. Réservation obligatoire, au bout du fil un truculent bonhomme, Jean-Luc, vous indique comment s’y rendre. Désormais, les réjouissances se déroulent sur une péniche. Lorsque je m’y étais rendue, c’était, à l’époque, dans une salle qui se trouvait en face d’une salle de concert, une porte entrebaillée puis une courette délabrée au fond de laquelle une autre porte anonyme. J’ai frappé.

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LE MÊME À L’ECRIT

A l’entrée, le maitre des lieux , Jean-Luc, de JLB production, c’est lui que j’ai eu au téléphone. Gras du bide, débonnaire, il m’accueille avec chaleur et une gouaille qu’il traine de son passé de kiosquier.

C’est un petit théâtre aux lumières tamisées avec des tentures de velours rouge. Sur la scène, un matelat rose, ambiance claque. Dans la salle, une déco entre le rococo et la récup, rangées de chaises dépareillées, une ou deux tables récupérées probablement chez Emmaüs. Les lieux comptent aussi un bar d’où s’échappent des odeurs de légumes bouillies, c’est le fameux coucous, à la fois immangeable et innovant en raison de la présence de haricots verts parmi les légumes. mais bon, on n’est pas venu pour çà.

Dans le public, un couple de bobos et beaucoup de morts de faim. L’un d’eux m’alpague pour me parler de son concept de sextape sm. Au fil des mots, ses yeux se braquent sur mes nichons. Fiévreux, je le sens me suivre dans la foule.

Et puis, très étonnant, au milieu des crevards, deux très jolies filles, tenues hyper sexe patientent accoudées au bar. Y a quelque chose qui cloche.

Le tournage démarre, Catalya, cougar libertine venue d’Auvergne, fraichement reconvertie dans le X, cheveux courts ébouriffés, un corps parfait, joue la voleuse de grands magasins. La vigile, une plantureuse black, Naomie Lioness la chope en flagrant délit. Niveau scénario, le Théâtre Suçoir reste d’un conformisme affligeant, pipe, baise sodo et éjac faciale, bien sûre. «Non, pas tout de suite le sex-toy» ordonne Lafait, le réalisateur, caméra au poing: «continue de la lécher».

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Je quitte mon siège pour m’approcher de la scène, voir de plus près. Et je sursaute, comme si j’avais vu un exhibitionniste dans le métro. Dans mon dos, un type est en train de se branler frénétiquement, il est pas gêné ! Dès le début de la scène, il pourrait attendre quand même ! d’autant qu il est interdit de se branler. Puis l’homme, plutôt bien doté, s’avance et saute sur scène ! Qu’est ce que je peux être candide parfois, une vraie vierge effarouchée. En fait, c’est Max Casanova, le hardeur qui doit honorer ces dames. Il aurait pu se branler en coulisse, ça m’aurait éviter de sursauter bêtement. Max est en plein forme, il joue aussi le vigile et voilà la cougar obligée de faire son méa culpa peu farouche. J’avoue que ça fait bizarre de se retrouver là, à regarder des gens à poil qui baisent sous vos yeux. Rien d’excitant, mais un vrai choc émotionnel. Et pourtant, j’en ai vu des pornos, mais en live, on a le sentiment de pénétrer dans une intimité, d’être une intrue. C’est vraiment un plan voyeur. Impressionnant !

La fait explique au public : «on change toujours de capote pour une pénétration vaginale précédée par une sodomie pour des raisons d’hygiène, et ça vous ne le verrez jamais dans un porno». Toute cette pédagogie en plein orgie, c’est désopilant.

Et là, le Théâtre Suçoir a concocté une surprise. Les bombasses au bar présentes à mon arrivée, montent sur scène et se font aussi démonter.

Il faut saluer la performance de Max, qui s’enquille 4 nanas, un véritable athlète de haut niveau. «Par rapport à un film X, la différence c’est qu’on a pas le droit à l’erreur mais ça me fait tellement bander quand je vois les gens qui me regardent, çà m’a fait éjaculer quand j’ai vu le public content», lâche t il.

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Instant «un peu de tendresse dans ce monde de pute», une grand maigrichon, les cheveux grisonnants, ternes qui pue la misère sexuelle, offre une rose à la tigresse black Naomie Lioness. Je lui demande si elle a pris son pied :« j’ai pris du plaisir, j’ai presque failli jouir». On est rassuré !

prochaine date : le 10 juin

http://www.au-theatre-sucoir.com/

 

 

Paris Derrière

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