Rentrée libertine : bons plans et dernières tendances

photo signée Ressan

C’est l’idéal pour mettre un pied voire plus dans le milieu. L’apéro de Monsieur Chapeau rassemble libertins confirmés et novices pour des discussions de fond et pas mal de fous rires. De la théorie à la pratique : j’ai ensuite suivi certains participants au club libertin Le Taken avec fesses en libre-service et une dame qui nargue son époux avec un autre : le candaulisme, un jeu très très tendance…

Voilà 4 ans que les apéros de Monsieur Chapeau existent, ils sont toujours aussi courus. C’est un peu l’amicale libertine parisienne, même s’il n’est pas possible d’y jouer aux boules. Les débordements sont proscrits, ça se passe dans un resto de Pigalle certes, mais bien sous tous rapports…

Ça commence donc autour d’un verre de rouge, d’un mojito, bref ce qui vous tente. Olivier, le prénom de Monsieur Chapeau, est toujours très attentif à ce que les anciens fassent connaissance avec les nouveaux. Ça parle évidemment des vacances toujours trop courtes. Beaucoup de libertins, comme la plupart des parisiens et même des français, sont partis dans leur famille. Vive les belles mères ! Le séjour est du point de vue économique, imbattable, les temps sont durs en Macronie et puis, la baby-sitter est toute trouvée !

Ça dévie tranquillement sur hot chose. Un libertin bon teint : « Pendant la grossesse de ma femme, elle était très en demande sexuellement, j’étais réquisitionné 3 fois par jour. Moi, j’adore, je trouve ça hyper excitant une femme enceinte mais parfois, c’était un peu trop, physiquement j’avais du mal à suivre. Comme je suis un homme, impossible de refuser. » Un autre : « moi, ça me la coupe, la grossesse ! Dans ma tête, ça crée un bug. Probablement notre formatage de la mère et de la putain.»

Fred Goormand donne ses bons plans d’hôtels romantiques : « Le Five en plein quartier latin avec suite jacuzzi en extérieur privatif. C’est génial ! Ce sont les mêmes proprios que le Seven qui est aussi un must pour les rendez-vous voués à dégénérer… »

Hotel Seven
Hotel Seven

C’est là qu’Adam fait son apparition, quasi tous lui ouvrent les bras. C’est une vedette, l’incontournable blogueur testeur de sextoys. Il en stocke chez lui pas moins de 500 ! Sans compter ceux qu’il donne ou qu’il jette. Alors ? C’est quoi le dernier vibro tendance ? « Là, Emma, c’est du lourd ! Un masseur clitoridien de l’espace : le Doxy, c’est encore plus efficace que le célèbre Magic Wand. » Mais ça ne te réduit pas le clito en charpie ? « Non, en fait ce sont des basses fréquences. D’ailleurs, comme les tremblements de terre. » Ça promet un tsunami de plaisir !

L’idée, c’est de trinquer et ensuite de dîner si l’envie vous en dit. Alors prenons place, mais attention, mains sur la table !

« Adam les bons plans » reprend : « il faut absolument que vous essayiez le massage méditatif de Jacques O, c’est un truc de fou ! Je l’ai testé au dernier festival EroSphère. Ce massage sur une bâche en toile cirée enduite d’huile chaude, dure entre 2 et 3h. Vous ressortez de là relaxé au possible. Le parisien stressé se doit de le tenter. »

Le personnel du resto est très sympa, souriant et les burgers au Cantal, excellents ! Le tout pour un prix très raisonnable. Pour connaître l’adresse, il faut s’inscrire auprès de Monsieur Chapeau.

A ma table, je retrouve Olivier R, que j’avais croisé il y a bien longtemps à la Maison des Travestis. Olivier est un explorateur d’un peu toutes les pratiques. Tiens ! Chloé est devenue blonde, aucun sous-entendu là-dessus, juste une décoloration. Chloé est une libertine qui se respecte : « je suis écologique avec moi-même. » Elle nous montre ses photos pas tristes du Cap d’Agde à base d’acrobaties érotiques sur une bouée en forme de licorne.

Son ami D’Ange, qui tient comme moi un agenda des sorties parisiennes (entre le sien et le mien vous avez la liste exhaustive des soirées olé-olé), donc d’Ange essaye une nouvelle fois de me persuader de passer à l’occasion entre ses mains de maître : « L’autre jour une femme qui n’était pas branchée soumission, est pourtant venue chez moi. C’était doux, sensuel, elle est repartie ravie. » D’Ange, je vais te surnommer maître Bisounours désormais ! Comment te dire ? Je suis très touchée de ta proposition mais il est compliqué pour moi d’écrire sur le milieu et de participer. On ne peut pas fourrer au moulin. Il est vrai que parfois certains libertins me lancent, un peu graveleux : « alors ? la journaliste, faut qu’elle essaye ! » Ce à quoi je réponds que les spécialistes en faits divers ne sont pas obligés de commettre des meurtres pour en parler…

Décidément, c’est une table de blogueurs ! La charmante Clarissa Rivière, avec un physique très proustien, très XIXème, éclate de rire en revenant des toilettes: « Je viens de croiser le serveur, j’ai cru que c’était un libertin. Du coup, je lui ai demandé de me montrer ses tatouages… Il l’a quand même fait ! Bon, je suis peu gênée pour lui. » Ah ! La fameuse pression sexuelle des femmes !

L’heure tourne et après le dîner, il y a toujours, pour ceux qui s’en sentent le corps et l’esprit disposés, une sortie dans un lieu de perdition. Ce soir, c’est le Taken qui remporte l’assentiment de la majorité. La joyeuse compagnie se transborde donc dans ce club libertin de l’Ile St-Louis.

À part au vestiaire une employée très moyennement aimable, Le Taken est toujours à la hauteur de sa réputation. La déco est un peu rococo comme pas mal d’établissements de fesses mais il y a une recherche esthétique. Ne serait-ce qu’à l’accueil la lumière mauve, les grands cadres dorés autour de peintures pas forcément érotiques et un beau lustre en cristal.

Il faut ensuite descendre au sous-sol dans de superbes caves voutées. Sur la gauche, le bar est encore une fois éclairé avec pas mal de soin, cette fois dans des tons rouges.

Les chaises de bar, sont particulièrement confortables, parlons plutôt de fauteuils en hauteur. La pièce suivante ouvre sur la piste de danse. A notre arrivée, seule une superbe femme en porte-jarretelles se trémousse en s’admirant dans les nombreux miroirs tout autour, pendant que son conjoint la regarde et frime : « elle est belle ! Hein ? Elle est à moi. »

Mais très vite, la piste du Taken est envahie d’autres créatures de toutes corpulences, très apprêtées, l’une intégralement habillée de blanc, du décolleté aux bas-résille. Ça change des tenues noires uniformes. Et ça se déhanche, et ça s’embrasse et ça se branche. Et oui ! Il y a un jeu de séduction assez long avant de passer aux choses sérieuses.

Les « salons » dédiés ne se rempliront qu’à partir de 2h du matin avec beaucoup d’échangisme dans une ambiance vaporeuse derrière de grands voilages qui masquent de larges banquettes. Sur un grand lit à baldaquin, des couples pratiquent la levrette en vis-à-vis. Qui est avec qui à l’origine ? Impossible de le savoir.

Tout au fond, il y a même, ce qui est rare en club libertin parisien, un coin BDSM, une petite salle fermée d’une grille avec croix de St-André à motifs panthère et trois colifichets (martinet, cravache, petit fouet) à disposition.

Un groupe d’amis y met l’ambiance. L’un des leurs, un garçon rigolo se retrouve attaché, les fesses à l’air. Ses copines veulent toutes tester le matos dessus. Le mec serre les dents et se marre entre deux coups. Une jolie jeune femme très mince aux cheveux courts, qui ne les connaît pas, se joint finalement au délire. Elle aussi veut faire claquer la cravache sur ce derrière inconnu. « Je peux ? » demande t-elle au prisonnier hilare : « Allez-y, mes fesses sont en libre-service ! »

Dans une pièce recouverte de miroirs, deux hommes et une femme s’activent. C’est ce qu’on appelle un trio, c’est à dire un couple + un homme. Mais ils se connaissent de l’extérieur. Ils sont entrés dans le club ensemble. Sinon, les messieurs qui viennent tout seuls ne sont pas autorisés « sauf depuis peu, les mercredis, jeudis après-midi et mercredis soir tard » me précise Alain, le patron des lieux.

Revenons au trio de ce soir. Une pièce de théâtre à la Feydeau si vous voulez, avec le mari, l’épouse et l’amant. Sauf que ce dernier n’est pas dans le placard et que tout le monde est d’accord. Le « cocu » participe même parfois. C’est le fameux trip candauliste. D’où vient ce mot étrange ? Dans la mythologie, le roi Candaule trouvait sa femme tellement belle qu’il avait convaincu un officier de sa garde de venir admirer la reine nue.

Candaule roi de Lydie montrant sa femme à Gygès, par William Etty

Regarder sa compagne avec un autre, est devenu de nos jours le fantasme libertin numéro 1. Et ça va bien au-delà la sphère. Pas mal de couples non libertins, qui ne mettront peut être jamais les pieds dans un club, frétillent à l’idée. Pour Monsieur Candau, « c’est une manière de ressentir une jalousie excitante. Le fait de « prêter » sa femme, démontre qu’elle est bien à vous. C’est un peu paradoxal je vous l’accorde, mais c‘est une façon de resserrer le lien avec ma conjointe. A la fin, c’est avec moi qu’elle rentre. » C’est finalement une forme d’éloignement contrôlé pour mieux se retrouver. Il m’assure : « ensuite, lorsque nous regagnons la maison tous les deux, le désir est décuplé. »

Quant à Madame, quel intérêt ? « Le plaisir de la découverte de nouveaux territoires, un autre corps et tout ce qui va avec, pardi ! Quelle question ! »

Du côté de l’amant, « la pièce rapportée », eh bien, l’intéressé passe du bon temps, il se sent vraiment désiré et parfois, il peut naître une petite histoire avec le couple. D’ailleurs le lien amant/mari peut être assez ambigu même s’il ne se passe rien entre eux.

Alors, bon prince, ce soir Monsieur Candau ramènera, une fois n’est pas coutume, femme et amant à la maison. Dans sa berline, lui devant conduit tel un chauffeur, tandis que derrière, ça se câline sec. De quoi relancer les ébats jusqu’aux premières lueurs de l’aube…

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3 Commentaires

  • Très bel article qui relate tout à fait l’ambiance que nous y avons également vécue. (Nous y avons participé deux fois.) Nous sommes également très habitués au Taken. Juste une petite remarque sur l’employée « moyennement » aimable. Si c’est la personne à qui nous pensons, je dirais que c’est surtout un fort caractère plutôt qu’un manque d’amabilité. Nous en jouons tout le temps maintenant, répondant du tac au tac, et c’est vraiment devenu un p’tit jeu. 😉
    En tout cas merci pour cet article, qui entame bien la rentrée. Encore bravo à Olivier. 🙂

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