Masturbation : qu’attendons-nous pour nous prendre en main ?

Pourquoi l’orgasme est-il plus facile à atteindre avec la masturbation ? C’est sur ce thème que j’interviens ce vendredi sur RTL à partir de 15h dans l’émission de Flavie Flament « On est fait pour s’entendre ». L’occasion de faire un petit point, en ouvrant les poings.

A l’heure où nous faisons appel à un coach pour tout est n’importe quoi, il faudrait peut être se poser quelques minutes, réapprendre à écouter son intuition et arrêter d’attendre que tout vienne de l’autre. La seule personne qui sait ce qui est bon pour elle, c’est soi-même.

Et s’il y a un domaine où on n’est jamais mieux servi que par sa pomme, c’est bien la sexualité. Avec la pratique de la masturbation, il est en effet beaucoup plus facile d’être à l’écoute de son ressenti, de ses envies, ce qui n’est pas toujours évident avec un partenaire. Déjà, parce que l’on fait attention à l’image que l’on renvoie à l’autre.

Et puis, il est difficile d’atteindre l’orgasme avec quelqu’un qui s’échine absolument à vous en procurer un. « Mais tu vas jouir, non d’une pipe ! » Mettre la pression dans ce domaine est tout simplement contreproductif. Seulement voilà, nous avons tellement l’habitude de nous fixer ou que l’on nous fixe des objectifs, dans le boulot, dans notre apparence physique, dans notre vie de famille, que cette manie s’insinue au lit. Or, l’orgasme, le lâcher-prise n’est possible qu’en oubliant la to do list, dans une détente complète, quand il n’y a rien à réussir, rien à atteindre.

Dans son nouveau livre Les femmes et leur sexe cosigné avec Laura Beltran, la sexologue Heïdi Beroud-Poyet (éditions Payot) atteste que quand les filles se masturbent, « elles peuvent atteindre aussi vite que les garçon un orgasme. Quand elles ne se sont jamais masturbées, elles connaissent moins leur sexe et savent moins ce qui déclenche leur excitation. »

Quand vous vous retrouvez seul pour vous masturber, avec ou sans sextoy, personne ne vous oblige à la performance. C’est un moment pour soi, hors de toute obligation, loin de tout regard, jugement, intrusion, enjeu de pouvoir.

L’écrivain Thibault de Montaigu, auteur chez Grasset du roman Voyage au bout de mon sexe, explique : « L’autoérotisme agace aussi le pouvoir, car avec lui on n’est pas dans l’échange commercial, le visible, le témoin. C’est la pratique la plus libre, la plus démocratique et la plus naturelle qui soit. Tout le monde y a droit. »

Si la branlette peut s’appréhender comme un geste politique, c’est aussi une belle occasion de soulager sa nervosité et de chasser le stress. Dans les sociétés antiques, elle était considérée comme un pratique sanitaire.

Mais alors, diantre pourquoi n’osons-nous pas toujours ? Il y a encore le poids culturel de la morale religieuse qui ne voit pas d’un bon œil ce genre de jeux de mains. Certes, mais ce n’est pas le seul frein. Il y a aussi le manque de temps, nos emplois du temps surchargés peu propices à un moment à soi.

Il serait d’ailleurs bon de sortir des clichés des magazines féminins, qui prescrivent quasi systématiquement tout un cérémonial autour de la masturbation: allumer des bougies, mettre une musique douce, de l’encens, prendre une douche et se mettre nue sur son lit avec des pétales de rose autour. Quels attirails ! Accordez vous ce temps n’importe quand, dans n’importe quel espace intime, et pourquoi pas, très discrètement à travers la poche de la jupe ou du pantalon. Chiche ?

Le podcast de l’émission aux côtés du sexologue Jean-Michel Huet et des journalistes Stéphane Rose et Christelle Parlanti.

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1 Commentaire

  • C’est cool de parler de ça et je te fais confiance… ca va saigner (c’est toi qui a commencé avec ton histoire de poings)
    Si on pouvait aussi rappeler que l’orgasme n’est pas une fin en soi ca serait pas du luxe !

    Comme chez les mecs des fois on peut se branler ou baiser juste comme un défouloir, juste pour faire Rhaaaaahaaaan.e (fils et fille des âges farouches) et qu’au bout il y a évacuation mais pas forcément orgasme !

    En gros il n y a pas un plaisir ou une jouissance mais bien une multitude.

    Ce qui est clair dans tout les cas c’est que la pression, interne ou externe, les il faut,n je dois, je veux sont les plus grands tue l’amour du monde, encore plus fort que les mi bas et les chaussettes de contention avec de la nivea sur le visage

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