Valse de gifles et java « cuir et latex »

Démonia
Evie Calypso et sa tenue faite de ses blanches mains Sweet Arrogance

Où il est question du plaisir de la gifle et pas seulement dans la campagne présidentielle, d’un grand week-end fétichiste où il vaut mieux avoir l’esprit souple comme du latex, du 1er atelier pour aider les mecs à atteindre l’orgasme des profondeurs et du prestigieux théâtre Trévise où une jeune femme délurée raconte son libertinage et son BDSM sur des chansons de Gainsbourg (y a des places à gagner)

Manque de thune, manque de temps. Si le premier est le propre de l’époque, sur le second, en revanche, il est plus facile d’avoir prise. Il suffit de faire le tri entre ce qui est vraiment important à faire et le reste. En l’occurrence, pour ma part, j’ai réussi à mettre de côté plusieurs heures, pour enfin pourvoir écrire ici et me rattraper. En vrac et en direct de mon carnet de note, mes soirées, mes rencontres, mais d’abord quelques évènements en perspective…

Fifty Shades en moins cucul, est–ce possible ? Alors que le 8 février, sort au ciné la suite, 50 Nuances plus sombres, Mademoiselle A donne son spectacle musical Mon Gainsbourg à moi au prestigieux théâtre Trévise où les planches vont bien cramer. Première date : le 25 janvier, mercredi prochain. La miss qui chante très bien, belle voix chaude, n’a pas froid aux yeux et ailleurs. Elle s’appuie sur des chansons du grand Serge pour raconter son cheminement vers l’épanouissement sexuel et intellectuel. C’est inspiré directement de la vie d’Alice, l’interprète, adepte du libertinage et du BDSM. Elle ne cache pas qu’elle aime jouer les soumises avec son mari.

Mademoiselle A
Mademoiselle A

C’est moi qui fait la com du spectacle, mais là, je vais plutôt faire la conne. Interview express

– être soumise, n’est-ce pas une façon de flemmarder ?

– Tout à fait ! (mdr) C’est exactement ça ! T’as tout compris. En fait, tu n’es responsable de rien. La seule chose que tu as à faire, c’est de te faire belle pour ton maître. Pour les femmes hyperactives, c’est une façon de ne plus penser à leurs soucis, de se faire offrir l’esthéticienne, le coiffeur, des tenues hyper sexy, t’es traitée en princesse, c’est les vacances quoi !

– Le libertinage et le BDSM seraient-ce de nouvelles méthodes de développement personnel ?

– Aujourd’hui, tout le monde a un coach, un coach de vie, de sport, de carrière, moi j’ai choisi un maître.

– ça coute moins cher ?

– pour moi oui, mais pas pour lui ! (mdr)

Mademoiselle A

– Sur scène, tu reprends les chansons de Gainsbourg à la gloire du libertinage. La famille est au courant ?

– Oui, bien sûr ! Mais Serge Gainsbourg était libertin. Il ne s’est jamais caché d’avoir eu des relations homosexuelles. S’il avait des limites heureusement, il s’autorisait à tout penser dans sa création. Il est allé au bout des idées libertaires.

– Et pour le côté BDSM ?

– Dans son rapport aux femmes, Gainsbourg était très misogyne, il aimait les faire souffrir. Les chansons qu’il a écrites pour ses égéries sont très difficiles à interpréter. Et en même temps, il en était fou, une sorte d’attirance-répulsion. Tu sais quand même que les fans de Gainsbourg l’appellent « le maître » !

– No comment !

Qui vient à ce spectacle bien osé dans une salle parisienne mythique ? J’invite les 20 premiers (avec la personne de leur choix), qui m’envoient un mail grâce au formulaire de contact à la fin du post.

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Nous avons déjà eu droit aux ateliers « masturbation » et « point G » pour les filles. Les mecs, vous étiez alors les grands oubliés de la révolufion. Ne vous plaignez plus ! Voici l’atelier « plaisir prostatique » ! Le tout premier en France alors que les pays nordiques, la Hollande et l’Allemagne ont été précurseurs. Oui, tous en chœur, le 29 janvier à Paris, seul ou avec votre moitié, venez pousser plus loin la découverte des joies de l’anus. La coorganisatrice, la sexothérapeute Nathalie Giraud : « il s’agit de redonner au fondement son sens sacré. Les hommes n’ont, hélas pour eux, pas assez l’habitude de ce qu’il se passe à l’intérieur d’eux même. Or, c’est bien normal d’explorer son corps. Nous allons apprendre à poser la respiration, à utiliser son périnée, à se lâcher sans courir après l’orgasme, car c’est à cette condition qu’il se produit. Et ça change tout. »

L’autre orga, c’est mon pote Adam du blog Nouveaux Plaisirs le bien nommé, grand testeur de sextoys devant l’éternel. Il a notamment rédigé le traité d’Aneros, un livre sur l’orgasme prostatique, autant vous dire qu’Adam est ultra pointu sur la question. Comptez 60€ en solo et 100€ pour un couple. Tous les détails ici

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Après la primaire de droite, celle de gauche. Cette campagne peut donner le sentiment d’être le spectateur d’un club de strip-teaseuses. Chaque candidat exhibe à tour de rôle ses atouts, se lançant dans une envoutante danse du ventre, un lapdance censé vous hypnotiser. À la place de la thune dans le soutif,  il s’agit de vous pousser à glisser un bout de papier dans l’urne, le jour J. Macron dit « Chouchou », Hamon, Peillon, Valls, Montebourg, oui c’est sûr, la politique a rejoint l’art du strip-tease, où la jeunesse et la fraicheur attisent le désir !

Est-ce que je vais aux meetings ? Oui mais ceux de la société de décadence joyeuse. Ici, personne ne prend la parole sur scène, car cette dernière est partout dans les coins. Si ça discute, ça agit aussi ! Exemple lors du grand week-end parisien d’exhibition fétichiste vinyle, cuir, latex, qui s’est déroulé dernièrement.

Mais d’abord, apéro chez Pierrot, un bar à vin tout simple qui pue le fromage, le cul quoi ! Pierrot est un bonhomme truculent, archétype du titi parisien et sosie de Jean Yanne. Ici, c’est le rendez-vous des dominas en mode « décontract », mes cops dont je suis les aventures depuis le début des années 2000 tel une ethnologue des nuits insouciantes. Qui sirote une menthe à l’eau ? Axelle de Sade, dominatrix iconoclaste, en robe bustier de laine rose bonbon, « ce soir, je me sens Barbie dom », et tutu, le revoilu ! Il a déjà le nez tout rouge. Surtout, n’y voyez pas un abus de pif: « C’est Axelle qui m’a embrassé le nez, avec son rouge à lèvre. » Quel clown ! Il me raconte qu’en triant les affaires de son père défunt, il a retrouvé un vieux sextoy, et oui, ça arrive même à des gens très bien !

Mademoiselle B, s’est jurée que ce soir, elle ne sort pas, promis, craché, avalé !!!

Tout le monde : « Allez Mademoiselle B, tu peux pas nous laisser tomber ! »

–  Pas question ! Je rentre ! Pour une fois, je suis sérieuse !!!

– Si il y a bien un week-end où faut sortir… Tu vas peut-être passer à côté du soumis de ta vie.

-Je dois me lever tôt, en plus, j’ai pas de tenue !

-C’est pas grave, viens toute nue !

– Vous me saoulez, bande de dépravés !

Bon, on bouge ? Tous dans la Fiat 500 rebaptisée « La Fiotte » de tutu ! Direction le Rock’s Club dans le Marais pour la pré party, la Demoniak ! S’il n’y en a qu’un k, tout va bien…

A peine la porte passée, me voilà entre pénombre et lumière bleutée des tuyaux luminescents, c’est l’hallu, ou l’alu, la déco est faite de métal. Le barman, un beau mec porte des chaps, fesses à l’air et un indolent serpent albinos enroulé sur l’épaule. Le maître me le présente tout en tassant un mojito « C’est Nosfératu, un boa constrictor. Tu peux l’approcher, il est végan. » Cool !

En apercevant Nathalie et Lara Queen, soumis tutu, dit aussi maya, le gros bourdon, se met à hurler : « Planquez-vous, voilà les deux grâces (grasses) » Ça ne rate pas, l’une des belles blondes lui met une bonne gifle, qui claque parfaitement sur la joue droite de l’importun. La mandale est un art majeur dans le sm et cette pratique sort du ghetto grâce à la campagne présidentielle. Le candidat et ex premier ministre Manuel Valls avoue, après en avoir reçu une ce mardi à Lamballe : « ça décuple mon énergie, mon envie d’aller convaincre. » Plus efficace et naturel que du Juvamine !

Reprenons.

– Moi : Désolée, Miss Lara, j’ai séché ta partouze anniversaire, j’avais une angine…

-Dommage, mes 25 ans ! Je ne me souviens pas de tout sauf du fait que c’était mortel ! Mimi Zinella, enfin plutôt Michette s’était déguisé en catherinette. Il était parfait… De toute façon, je vais refaire une teuf et là, tu n’auras pas d’excuse, Emma…

Le rez-de-chaussée comprend un espace bondage où un mec rasé en attache un autre très chevelu. Un jeune couple bien assorti en latex, contemple le spectacle.

demoniak

Je m’approche d’une immense rubber doll, personnage entièrement moulé dans du latex, même la tête est recouverte d’un masque intégral rose et noir avec d’immenses nattes blondes.

– je suis mécanicien dans un village du Jura. Je suis venue à Paris pour le week-end.

– Comment as-tu découvert qu’on pouvait s’attifer avec des trucs pareils ?

-J’ai vu ça sur internet il y a 6 ans. J’aime tout ce qui est moulant, le brillant m’attire. Et surtout, je suis incognito, je peux tout me permettre, tout en étant soumis à ma condition de doll. Je préfère être enfermé là- dedans que dans un couple classique.

Demoniak

Pendant que Mademoiselle B fait son marché parmi les soumis, je descends au sous-sol, c’est l’heure des shows. Je m’assois sur soumis Raja originaire de Calcutta, et oui ! le bdsm esprit Benetton ! A quatre-pattes, il fait le banc. A côté, tutu est dans la même position alors que sur lui, trône Axelle, impériale. Nous assistons à une perf de bondage réalisée par l’une des grandes attacheuses parisiennes, Aloysse Manhes. Tout d’abord, elle momifie le gars avec du film noir (en laissant quelques trous pour la respiration, rassurez vous), puis elle le saucissonne et l’attache au plafond, avant de se barrer… un quart d’heure. Le mec rêvait de ce scénario, ce soir il passe du fantasme à la réalité.

Demoniak

Comme les Nuits des K, et les Nuits du KO que j’annonce dans l’agenda, la Demoniak est organisée par Karima, ancienne compagne du Kommandant, également ordonnateur de sauteries du même style. C’est elle qui l’a fait entrer dans « ce monde de cinglés ».

Demoniak
Karima

Avec cette très jolie domina, ça file bien droit :  » dans mes soirées, je ne tolère pas les rapports sexuels classiques. Même un mec qui sort sa queue et qui se branle, se fera rappeler à l’ordre. Ici, ce n’est pas libertin, seules les pratiques SM sont permises. C’est un peu fliqué mais je suis obligée d’agir ainsi pour que des filles inexpérimentées et lookées, puissent venir. C’est la condition pour qu’il y ait un public mélangé : hétéros, lesbiennes, gays, trav et trans. »

Mais qui vois-je se faufiler dans un boyau sombre de la Demoniak ? C’est Clarissa Rivière, blogueuse distinguée et auteure de littérature érotique. Elle semble toujours très douce, très sage, très XIXème siècle avec ses longs cheveux châtains. Mais quand vous lisez ses romans… y a comme un léger décalage ! « Emma, viens par ici, il y a un atelier Violet Wand, c’est charmant tu vas voir. » Et là, dans une toute petite pièce très sombre, un type brandit une diode violette en forme de soucoupe. C’est Damien, le patron de la célèbre boutique cuir du Marais, Mister B.

Il me passe le machin sur les bras et les jambes, ça chatouille, ça picote… un peu comme les appareils de cicatrisation en chirurgie.

« Tiens Emma, mets la ceinture… » V’là tutu qui ramène encore son c… Je ne comprends pas trop, mais comme ça, sans raison, ma main part direct sur sa joue gauche. L’électricité se transmet au satané soumis, qui ressent alors comme si des centaines de mini mains le pinçaient. Il pousse un cri, mais pas plus fort que d’habitude. Damien nous éclaire :

– C’est un jouet d’électro stimulation qui donne des décharges d’électricité statique. En fait, quand tu portes la ceinture, ton corps devient le vecteur de l’électricité. Les deux partenaires ressentent la même chose. »

Moi : donc si je roule une pelle à un mec, il va sentir l’électricité sur la langue ?

– Oui, dès que tu effleures ou que tu lèches l’autre. Mais tu peux monter la puissance et là, ça fait mal, certains aiment… C’est ce que j’ai constaté à ma boutique où on peut venir essayer le matos. Au bout de plusieurs heures,c’est assez épuisant et tu es obligé de lâcher prise, une sensation très agréable pour peu que tu aies un lit à proximité.

Justement, il y a un lit dans cette pièce exigüe. Mais pas vraiment fait pour se reposer. C’est un vaccum bed. Il faut se glisser entre deux grandes plaques de latex tendues au 4 coins. Reste à faire le vide et le corps se fond dans le latex, ce qui sublime l’ensemble. Un tuyau permet de respirer le temps de prendre une photo. Je sens qu’il va falloir que je teste. Ah non ! Finalement, j’apprends que les plombs de la pièce où nous nous trouvons ont sauté ! Dommage, je me voyais bien sous vide comme un plat préparé Fleury Nichons…

Demoniak

Le temps passe vite et il faudra embrayer le lendemain sur la suite, la fameuse Nuit Démonia. L‘immense rassemblement a lieu au Faust, une discothèque dans le pilier du plus majestueux et rutilant pont de Paris, Alexandre III. Je vous dis pas la tronche des automobilistes qui passent sur les quais hauts, médusés à la vue des participants. Je vous laisse sur ces belles images…

Démonia

Dèmonia

Dèmonia

Dèmonia

Un petit tour de manège ?
Sous vos applaudissements

Dèmonia

Pour obtenir des places pour le spectacle Mon Gainsbourg à Moi avec Mademoiselle A au théâtre Trévise, le 25 janvier à 21h15, merci d’utiliser le formulaire de contact.

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1 Commentaire

  • Très bel article… (comme toujours 😉 )
    Moi, ça me dit bien une « petite » pièce de théâtre sur le thème du SM… 😀

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