Le milieu libertin est-il vraiment sans tabou ? 1ère partie

Jusqu’où les libertins sont-ils capables d’aller ? Comme leurs ancêtres, contestent-ils l’ordre établi ? Le milieu libertin est-il vraiment libertin ? Faire le point nous donne une chouette occasion de mise à nu pour parler sociologie de l’orgie, bdsm, types à poil mais en chaussettes dans les backrooms, bisexualité de partouze, gang-bang de soumis par des dominas et candaulisme avec la femme dans le rôle de la mateuse.

Contrairement à ce qu’on pourrait croire, l’orgie sur l’illustration ci-dessus, n’est pas libertine. Vous comprendrez pourquoi, une fois avoir lu tout ce qui suit. Pour détecter les tabous libertins, encore faut-il bien comprendre de quel milieu nous parlons. Voilà pourquoi j’ai convoqué Pierre Lechat, un beau quadra que j’avais rencontré lors d’une partouze où j’avais emmené l’émission TV Paris Dernière il y a quelques mois. Il vient de publier un ouvrage pour bien comprendre ce milieu, je vous le recommande, Les Mille et une nuits d’un libertin, aux éditions de lui même, Le Libertin lettré, puisqu’il s’est autoédité grâce à la magie du net et aux esclavagistes d’Amazon. Oui,  au passage, ces derniers me refusent des affiliations au prétexte que je suis un blog « sexuellement explicite » alors que par ailleurs, le site fait commerce d’énormes godes ventouses.

Bref, au top des ventes de ces enfoirés de yankees hypocrites, l’ouvrage a dépassé celui de Jean-Christophe Cambadélis et devrait bientôt devancer la dernière oeuvre de notre ministre de l’économie, grand copain de Hollande et champion du claquage de string, Michel Sapin. Les français préfèreraient découvrir le libertinage plutôt que de suivre la campagne électorale… bravo !

Je retrouve Pierre au bar de l’Hôtel du Louvre, velours sombre et or, lumière tamisée, ambiance décadence chic maximum.

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Nous voilà fin prêts pour discuter jusqu’à pas d’heure et égrener la liste, assez longue finalement, des tabous libertins sur un ton libre et décontracté. Voici la fidèle retranscription de l’entretien, sans filtre et brute comme le champagne ! Je ne vais pas la parsemer de (rires), le texte risque de devenir illisible.

Le BDSM

Emma : Contrairement à ce qu’on pourrait penser, le pan pan cul, menottes et boule-bâillon ne sont pas légions en club libertin. Certes, il y a souvent une croix de St André dans un coin, mais elle sert essentiellement de déco.

Pierre : D’abord dans ces pratiques, il peut ne pas y avoir de sexe physique. Ça peut être uniquement cérébral à base d’humiliation en one to one. Alors que libertinage implique une sexualité de groupe. Oui, quand on évoque le BDSM auprès des libertins, on n’est souvent regardé d’une façon un peu bizarre. Les gens ne sont pas tous à l’aise avec ça. Même parmi ceux qui sont tentées, beaucoup n’osent pas. Or, c’est du théâtre, il y a des garde-fous. A tout moment, on peut dire stop. Le BDSM est un milieu en tant que tel, distinct et peut-être un peu plus intello ou du moins cérébral, même s’il est poreux avec le libertinage.

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E : Et vous incarnez cette porosité, vous pratiquez libertinage et BDSM, fromage et dessert…

P : j’ai la chance d’assumer. J’appartiens à la minorité dans la minorité, c’est celle des switchs, j’aime être tour à tour soumis et dominant.

E : Et là aussi, vous pratiquez les deux ! Décidément, vous mangez à tous les râteliers…

P : Exactement ! Ce serait dommage de s’en priver ! Et puis, les bons maitres font les bons esclaves. Une fois, une domina m’a fait mettre torse nu pour me donner des coups de martinet devant tout le monde en plein cocktail d’accueil avant la partouze. Elle savait comment faire pour qu’il n’y ait aucune marque. Puis, je me suis rhabillé et je suis retourné discuter avec les convives que je venais de quitter comme si de rien n’était. Je n’ai aucun complexe.

La bisexualité masculine

E : Tabou. Pas tabou ?

P : Oui, c’est tabou. Là-dessus, ce n’est même pas vraiment de la bisexualité en tant que telle. J’appellerais ça de la bisexualité de partouze. Des hommes qui peuvent avoir des penchants de ce style, ne sont même pas bi. Il ne leur viendrait pas à l’idée d’avoir un rendez-vous galant avec un mec et une liaison sentimentale. Au même titre que les femmes qui couchent ensemble dans le cadre libertin, ont rarement de vraies histoires entre elles. Et quand elles pratiquent, il y a souvent des hommes à proximité. Mais il y a une asymétrie : personne ne s’offusque que ces dernières couchent ensemble devant tout le monde, alors que les femmes elles sont moins émoustillées par le fait de mater leur conjoint avec un autre homme.

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Par Ressan, photographe des libertins parisiens

E : Ça vient des femmes, selon vous ?

P : Ça vient des deux. Pour certaines, c’est insupportable et elles estiment que leur homme en perdrait sa virilité. Pour d’autres ça ne les fait pas fantasmer plus que ça, sans crispation particulière. Une minorité adore. Parmi elles, certaines demandent avec un petit air mutin : »alors, est-ce qu’il reste encore des terra incognita ? » Mais elles demandent à d’autres hommes, pas au leur.

E : C’est un peu le pendant du mec qui fait des choses crades avec sa maitresse mais pas avec sa femme. Non ?

P : C’est un peu ça… Ce que j’explique dans mon bouquin, c’est qu’il est normal que les femmes aient envie de se tripoter, le corps féminin, c’est la beauté, la grâce et l’esthétique. C’est le point de vue de toute notre civilisation occidentale.

E : faut pas charrier, quand une femme pète au lit, aussi canon soit-elle, y a rien de gracieux ! Vous êtes certain que ce n’est pas une construction sociale, cette histoire-là ? Une construction liée à la représentation artistique et médiatique. Quand on regarde dans les arts et la peinture en effet, le corps féminin est magnifié et beaucoup de peintres ont représenté des modèles nues ensemble, Les Baigneuses de Renoir etc. parce que ces peintres étaient des mecs. Citez-moi une femme qui a peint, photographié des hommes nus à par Patty Smith ?

P : Effectivement, je ne vois pas. J’ai beau chercher, ni Mme Vigée Lebrun, ni Marie Laurencin…

E : C’est pour ça que nous avons l’habitude de dire que les femmes sont belles et les hommes moches. Il faudrait qu’il y ait davantage d’artistes femmes qui posent leur regard sur la beauté masculine. Et puis, les femmes aiment bien mâter les mecs à poil, je vous le garantis !!!

 

Tony Duran
Tony Duran

Pierre : Oui mais c’est sexuel, pas esthétique. Je ne dis pas qu’un homme est forcément laid, mais ce qui est attendu d’un homme, c’est la puissance, pas la grâce.

E : Est-ce que ce ne sont pas les mecs qui imposent leur désir de voir des femmes ensembles ? Un fantasme hétéro beauf…

P : Franchement, si elles le font c’est qu’elles y trouvent leur compte. Pour ce qui est des hommes entre eux, ça arrive que ceux que cela travaille, tentent une pipe sur un autre plus ou moins par surprise. Après, ce dernier se dégage ou laisse faire ! J’en ai vu en soirée privée.

Un peu plus loin, un grand type quitte la table voisine et nous interrompt : « salut Emma, ça va ? »

Emma : Ah, salut ! ça va ? cool !  »

Pierre : une connaissance ?

E : oui un pote, c’est Mathieu Croissandeau, le directeur de la rédac de L’Obs ! Il a l’oreille fine, c’est sûr! Ça peut lui donner des idées de sujet pour faire monter les ventes. Bon, continuons !

P : Je disais donc que c’était extrêmement rare. C’est un vrai tabou.

E : c’est dommageable ? A l’heure où on parle sans cesse d’égalité…

P : les hommes qui ont envie d’essayer, essayent tôt ou tard. Ce n’est pas une inégalité, c’est une asymétrie, qui caractérise le milieu d’une façon générale. Je vais d’ailleurs sans doute vous choquer, comme aussi certains courants féministes, mais le milieu libertin est entièrement dominé par les femmes, c’est très clair.

E : Oulala je suis sous le choc, en effet !

Le plaisir anal masculin

Pierre : Quand on pose la question à un homme, de prendre un doigt dans le cul pendant une fellation, ou se faire prendre au gode ceinture par une femme, il répond : « non surtout pas, je passe mon tour », parce qu’il assimile encore ça à de l’homosexualité. Alors que ça n’a strictement rien à voir.

E : en effet, quand une nana met un gode ceinture, sa voix change, ses seins tombent. C’est la pa nique !

Pierre : le trou du cul d’un homme et celui d’une femme sont assez semblables d’un point de vue neurologique. Il existe des hommes comme moi, parfaitement hétéros et qui aiment ça. Il faut juste tomber sur une dame qui sait s’y prendre.

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Pour un mec, ôter ses chaussettes dans les backrooms

E: C’est une malédiction ! Il y a tellement de mecs qui gardent leurs chaussettes dans ce qu’on appelle pudiquement les coins câlins, c’est à dire la zone où ça nique, que le tabou serait de les enlever. C’est le top de l’érotisme tous ces types tout nus, juste avec leurs putains de chaussettes  !

P : Ce n’est pas un tabou mais une hérésie ou au moins une faute de goût. Même si c’est un Apollon ou un athlète, c’est ridicule ! Et il y en a encore trop !

Les travestis et transsexuelles

E : tabou, pas tabou ?

P : c’est un vrai sujet. Je n’en ai jamais vu en soirée privée, seulement deux ou trois en club, toujours les mêmes d’ailleurs, mais attention, les créatures semblaient sans équivoque : 1 mètre 90, pomme d’Adam… Ce n’est pas bien vu. Le milieu libertin est très normatif.

E : le problème c’est qu’une fois dans les backrooms, des mecs tapent des scandales lorsqu’ils s’aperçoivent qu’il y a anguille sous roche.

L’uro

P : Ça peut se faire dans la douche des clubs. Mais en petit comité à l’écart. Il n’est pas rare que les donneurs ou donneuses fassent un blocage psychologique. Pour faire pipi sur quelqu’un, il faut se concentrer car nous ne sommes pas conditionnés pour ça. Ça se pratique plutôt dans l’intimité et entre des gens d’un certain âge. Ça se fait un peu plus dans le milieu BDSM.

E : le milieu BDSM serait donc un peu plus ouvert ?

Pierre : oui de nature ! Bon, attention il y a de l’intégrisme SM. Par exemple, dans les donjons où les relations sexuelles sont interdites, comme on en parlait. Même au sein des libertins, vous avez différentes chapelles, je pense aux « mélangistes »et aux « côte-à-côtistes » qui viennent vous dire que « les partouzes c’est dégueulasse. »

E : traduction des mots barbares:

P : Les « mélangistes » sont des gens qui n’ont de rapports sexuels qu’au sein du couple, ils caressent les autres avec les mains, sans pénétrations et sans rapports buccogénitaux. Peut-être pas de baiser non plus, mais n’étant pas de ce courant-là, je ne veux pas dire de bêtise.

E : courant ? On se croirait à un congrès du Parti Socialiste. Les « côte-à-côtistes » ? Rien à voir avec les Pentecôtistes ?

P : Non ! Pour un couple c’est juste baiser à côté d’un autre ou d’une orgie, sans aucun contact. Ils passent pour des non libertins auprès des libertins et pour des détraqués auprès de l’extérieur, bref, c’est perdant perdant ! Dans mon livre, je qualifie ça de libertinage bio, sans gluten. Du coup moi, par rapport à eux, je suis « pénétrationniste » !

E : C’est aussi une façon d’approcher tout ça tranquillement. Non ? Vous croyez qu’il faut absolument se jeter direct à poil dans la partouze ?

P : oui, pour rentrer dans l’eau froide, faut y aller direct !

Dessin de Véroski, réalisé en observant les clubs libertins (en ce moment à la Concorde Art Gallery)
Dessin de Véroski, réalisé en observant les clubs libertins (en ce moment à la Concorde Art Gallery)

E : et vous, quelle est votre chapelle ?

P : c’est le canal historique mainstream : depuis presque 15 ans, avec ma femme, nous faisons de l’échangisme, des partouzes avec une large palette de pratiques. J’apprécie le BDSM, j’aime me faire dominer. Ma femme, ce n’est pas du tout son truc mais elle est très tolérante sur ce point. Elle m’a même fait une charmante surprise. Un jour, elle m’a livré à 3 dominatrices qui m’ont en quelque sorte, gang bangué. Quel pied ! Et mon épouse a assisté à la scène en buvant le thé avec une amie. Inoubliable ! Je recommencerais volontiers.

E : Vous pensez que si dans le prochain Fifty Shades, il y avait la golden shower, ça se démocratiserait ?

P : peut-être ! Ben, je vais l’écrire ce fameux livre et ce ne sera pas de la romance ! Et puis il y a des techniques.

E : faut s’exercer sous la douche, en plus c’est plus écologique que de tirer la chasse !!!

P : l’argument est imparable !

Les femmes candaulistes

E : le candaulisme : pratique où dans un couple, le plus souvent la femme a des relations sexuelles avec un ou plusieurs hommes devant son conjoint. C’est très courant et depuis quelques temps, sans être vraiment libertin, il est de bon ton à Paris, de s’adonner aux joies du candaulisme au moins une fois dans sa vie. Une chose est sûre, difficile d’être libertin sans être candauliste. Ce terme provient de la légende du roi Candaule, personnage mythologique qui avait pour passion d’offrir à d’autres son épouse. Vous découvrirez ce type de pratique dans la nouvelle émission d’Ardisson Zéro Limite sur C8, le 29 septembre.

Mais Pierre, remarquez qu’il est beaucoup plus rare de voir la scène à l’inverse, une dame qui regarde son mari avec une autre.

P : déjà, le problème c’est qu’il est beaucoup plus difficile pour un couple de rencontrer une femme seule qu’un homme seul, du fait que les libertines sont moins nombreuses que les libertins. Avec ma femme, ça arrive que nous faisions « partouze à part », mais dans la même pièce. Du coup, ma femme peut me voir avec d’autres femmes.

E : disons que votre femme le pratique, alors qu’elle se trouve elle-même entre une fesse et une couille… Pourquoi pas, après tout…

P : Après, le candaulisme implique peut-être un peu plus d’organisation. C’est vrai que les nanas sont plus rarement caudaulistes. Il est plus courant de voir le type qui ne quitte pas son costard de toute la soirée pendant que sa chérie s’envoie tout le monde. Mais je connais quelques femmes qui adorent voir leur mari s’ébattre avec une autre mais toujours avec une dimension BDSM, genre Madame la Maitresse livre une soumise à son mari. Beaucoup plus rare, mais j’ai vu une fois, une femme se faire humilier sous forme de jeu théâtral, par son mari et la pièce rapportée.

E: Pourtant, ce genre de scénario est légion chez une partie des hommes candau hardcore avec toute l’imagerie de l’amant black à grosse queue, censé être supérieur au cuckold (cocu).

P : vous connaissez tout ça à fond, Emma, bravo !

E : C’est normal ! Je suis bien obligée ! Après les gens se plaignent que les journalistes ne connaissent pas la matière !

P : Et puis, c’est plutôt sympa comme terrain d’investigation. Pour ma part, ça m’amuse beaucoup. Il y a quelques mois, j’ai été interviewé par rapport à ma profession exactement ici, à la table où nous sommes. C’était nettement moins comique ! Évidemment dans mon métier, personne ne connait ma vie libertine. Mes collègues me prennent d’ailleurs pour un type assez terne, genre « peine à jouir ». En fait, j’aime bien avoir une double vie. Le personnage d’Arsène Lupin me fascinait quand j’étais gosse. Son créateur Maurice Leblanc avait une plume extraordinaire, un style d’une pureté, un lyrisme épique et avait le don d’intégrer la fiction dans la grande Histoire. Et puis surtout, son personnage est complètement insaisissable. Il est sans arrêt en train de se déguiser et possède une foule de pseudonymes, comme les libertins.

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E : en tout cas, vous pouvez dire à vos collègues, que pour l’anniversaire de votre femme, vous l’invitez à un « diner aux Chandelles ». Ce n’est pas mentir…

P : oui, c’est clair. Se marrer intérieurement, il n’y a pas plus grand plaisir. Courteline disait « il n’y a pas de plus grande jouissance que d’être pris pour un sot par des imbéciles. »

E : Ça vous choque que les libertins aient des interdits ?

P : Non c’est normal. Ce qui est grave, c’est de se priver de quelque chose qui vous ferait plaisir, alors que ça ne nuirait pas aux autres, alors que ça leur ferait même plaisir. Par ailleurs, le libertin a le droit de ne pas avoir envie. Contrairement à ce que pensent beaucoup d’imbéciles, les libertines font ce qu’elles veulent et ne se tapent pas automatiquement le premier venu. Dans mon livre, j’évoque longuement cette histoire de préjugé qui veut qu’une femme qui aime le sexe, soit une trainée, une mauvaise personne. Ces idées reçues sont encore très présentes dans l’inconscient collectif sous l’influence de la culture judéo chrétienne et des religions du Livre en général. Le chaos arrive toujours par la faute de la femme, à commencer par le renvoi de l’Eden, ce qui est hallucinant !

E : Ces croyances baisent tout le monde. Les hommes souffrent de misère sexuelle. Et les femmes ont peur du sexe. C’est probablement pour cette raison qu’il y a moins de libertines que de libertins. Du coup, ces derniers étant en surnombres, ils payent plus chers l’accès aux soirées.

P : Dans les anciennes religions européennes, par exemple celles issues de la culture celtique, nées sous des latitudes tempérées, il y a une harmonie et une mesure entre la nature et l’homme, la place des femmes est beaucoup plus équilibrée, dans les mythes et dans la société. Par contre, dans les religions du désert, nées dans une nature oppressive, sous un soleil oppresseur, on a affaire à un dieu vengeur qui menace l’humanité des pires châtiments et catastrophes si elle s’écarte des préceptes qu’il a édictés. Dans un tel contexte, c’est sûr que la place de la femme n’est pas très enviable.

E : le milieu libertin est-il vraiment libertin ???

P : « Libertin » n’a jamais voulu dire sans tabou, ni libertaire. Le milieu a ses normes, les libertins ne sont pas des gens no limit, ce sont des êtres humains comme les autres. Et puis, les pratiques sont hyper cadrées. Il n’y a pas de liberté sans règles. Donc oui, surtout les libertins ont des limites ! Il y a des choses qu’ils n’admettent pas. Moi je l’avoue, mon libertinage n’a jamais rien transgressé, je ne revendique rien à travers cela, je ne me sens pas rebelle. Après, certains ne se sont jamais remis d’avoir piqué du chocolat dans le placard de Grand-Mère, et briser les interdits les excite. Mais pour moi, quand j’ai commencé, je n’ai rien ressenti de tel, j’étais plutôt dans l’état d’esprit d’un gamin à qui on aurait offert la maison géante en Légo.

Libertin Barbie libertine

E : Est-ce que le libertinage transgresse encore, alors que tout est permis et que l’on a remplacé la religion par la consommation ?

P: bah non, il ne transgresse plus puisque par définition, les libertins consomment, dans tous les sens du terme, même si nous le faisons avec style. Pas obligé d’arriver direct la bite à la main. Le libertinage implique quand même une recherche esthétique selon moi, il faut que ce soit beau. Et puis, il y a un désir d’universalité pour un homme qui peut dire, du moins symboliquement : « j’ai fait l’amour à toutes les femmes » et pour une femme « j’ai fait l’amour à tous les hommes ».

E : Ça rejoint plutôt la communauté hippie…

P : oui, c’est peut-être un peu panthéiste sur les bords ma théorie… Je n’y connais rien en philosophie orientale mais il y a une dimension mystique de la chose. Après, j’apprécie un côté très prosaïque, l’aspect anti-dépresseur et déstressant. Une SDM (semaine de merde) au boulot, on oublie tout dans la partouze, ça régénère, c’est comme le sport. Il y aussi une convivialité d’une forme supérieure, car il y a don de soi, vous êtes obligé de vous livrer, il n’y a pas de tricherie.

La suite de la retranscription bientôt sur le blog. Nous parlerons baise sans capote, religion, femme fontaine, politique, drogue, laideur, poil, prostitution et bien sûr d’amour !

En attendant, je vous recommande l’émission de Flavie Flament sur RTL ce vendredi 23 septembre à 15h, consacrée au libertinage avec que des potes: Eve de Candaulie, Pierre des Esseintes et Nathalie Giraud. La 1ère radio de France qui parle libertinage, c’est pas tous les jours ! Voici le REPLAY

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6 Comments

  • Une interview que j’ai aimé lire ! Etant libertins depuis treize ans avec mon Mari, MrSirban, je me suis retrouvée dans les propos de Pierre. Un vrai libertin, ayant l’état d’esprit et la connaissance du milieu. Il ne s’invente pas un libertinage (si si, ça arrive parfois), c’est une évidence.

    Tout comme PIerre, nous sommes switches. Nous ne mêlons jamais SM et libertinage, ce sont deux mondes juxtaposés mais ne se mélangeant pas. En effet, les deux univers sont codifiés et normés. Mon Homme a une sexualité dominante dans le libertinage et pour ma part, je suis sexuellement soumise. Tandis que dans le SM, nous changeons : il est mon soumis, je suis Domina.

    Et concernant le port des chaussettes… amatrice de rencontres plurielles et de gangbang hard, j’en fais l’amère expérience pratiquement à chaque fois ! A croire que cette zone est plus frileuse. Un véritable manque de goût, un poil tue-l’amour même (au même titre que le manque d’hygiène rencontré parfois) !

    • je te rejoins la dessus les chaussettes à proscrire dans une partouze ça manque cruellement de classe. et oui le sexe est un bon médicament qui permet d’évacuer et de s’évader le temps d’une belle soirée. vive le libertinage

  • Ah les chaussettes.. sans parle de l’hygiene de maniere generale qui n’est pas toujours au rendez vous en particulier dans les clubs. Ce qui rend ces sorties equivalentes a une grande loterie contrairement aux soirees privees entre personnes de bonne compagnie.
    La democratisation de ces pratiques en est la cause evidemment, car on se met a retrouver des echantillons representatifs de la population.

    Pour revenir au sujet de l’article, je vous invite a relire Sade qui pour moi illustre infiniment a propos la nature du libertinage. Dans ses origines il y a une grande revendication politique et philosophique a s’affranchir des convenances, de la religion, des politiques normatives du roi. Mes passages soulignes ne sont pas des descriptions d’orgies ou de sevices mais bien les tirades rappelant les infondes de la religion ou les abus des aristocrates du moment.
    Je regrette que le libertinage ait perdu cette dimension politique libertaire et soit devenu simplement une forme de sexualite et rien de plus. Avec un cerveau un acte politique, les rencontres prendraient une toute autre saveur.

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