Transgenre : quand ton copain devient copine

Je l’ai rencontré il y a des années dans les folles nuits parisiennes. Depuis maintenant plusieurs mois, Gérald devient Léa. Hormones, bistouris, solitude, regard des proches et de la société, changer de sexe, c’est un long processus que Paris Derrière va suivre au fil d’une série d’interviews de ce/cette pote. « Après les gays, le nouveau combat, c’est la reconnaissance de la condition transgenre » selon lui/elle. Voici le 1ère entretien

« Allô Gérald ? Pardon, Léa ? (1) » oui, dans son entourage nous avons encore bien du mal à la percevoir au féminin. Dans nos crânes, ça ne se fera pas du jour au lendemain. Même pour ce copain qui devient copine, difficile de se considérer pour l’instant complètement fille. Je l’ai connu homme, il y a 8 ans à l’occasion de folles nuits parisiennes. Cet avocat d’affaire se partageant entre Paris et New-York, est alors un sacré fêtard, un beau garçon qui aime les garçons. Rigolo et exubérant, il n’est pas le dernier pour la déconne. Nous ne nous sommes pas vu pendant 3 ans. Et puis, il y a quelques mois, je le croise un soir chez un pote commun. Gérald s’est travesti en femme. Il n’est pas ridicule. Ses cheveux et ses seins ont poussé, ses hanches se sont arrondies, sa voix est plus aiguë et ses manières sont ultra féminines. « J’ai commencé à prendre des hormones », m’annonce t-il, t-elle, fièr(e) et déterminé(e). « Je débute les opérations (chirurgicales) très bientôt. J’ai presque 40 ans, la vie est courte, faut pas rester dans la frustration, on a la chance d’habiter en France où le processus d’accompagnement pour les trans n’est pas le plus mauvais du monde, donc let’s go! »

Deux semaines après sa première sortie d’hôpital, il/elle se sent enfin d’attaque pour mettre le nez dehors. J’ai rendez-vous avec. Il est 19h, l’heure de l’apéro. Je l’attends à la terrasse couverte du Cannibale, un rade de Belleville, curieuse de voir cette nouvelle étape et de recueillir ses impressions. Il y aura par la suite bien d’autres interventions, d’autres évolutions. C’est pourquoi Paris Derrière inaugure aujourd’hui une série d’interview de Gérald/ Léa afin de suivre son cheminement, les doutes, les souffrances, la solitude et les joies, une renaissance en somme.

Il/elle arrive habillé(e) sobre comme jamais : jean et pull large noir, lunettes de soleil, casquette. Quelque chose a changé, son visage est plus arrondi. Ça ressemble à un lifting, tout au plus. Impossible de percevoir précisément les changements.

Paris Derrière : Bon alors ? Bilan d’étape côté bistouri ?

Gérald/Léa : (enlève sa casquette et me montre une cicatrice au dessus du front à la racine des cheveux) Et bien, le chirurgien a procédé à un remodelage osseux du visage. Il a poncé les reliefs trop masculins au niveau des arcades sourcilières. En bas, le menton est moins proéminent. Et puis, terminée la pomme d’Adam ! C’est en cour de cicatrisation mais j’ai encore des hématomes. Donc, pas de maquillage possible. Je ne bois pas d’alcool pour l’instant, et oui, il faut que le corps se remette de cette épreuve. (Il/elle hèle le serveur) : « garçon, un jus de pamplemousse s’il vous plait! »

Et moi, une bière blanche, merci ! Au niveau hormonal, avec le traitement maintenant bien entamé, est-ce qu’on peut dire que tu es une femme ?

Oui, c’est ça, j’ai les taux d’une fille. Je prends un premier type d’hormones qui castre chimiquement en éliminant la testostérone. Je ne bande quasiment plus. Par ailleurs, j’ai aussi des pilules d’oestrogènes, hormones féminines qui répartissent les graisses au niveau des hanches et des cuisses. Elles modifient aussi le visage, j’ai commencé à prendre des pommettes d’où l’effet lifting ! Et puis, bien sûr, ça fait pousser les nichons comme une adolescente. Là, je remplis un 90 A. Enfin, ce traitement joue sur ton psychisme. T’as envie d’acheter des chaussures tout le temps, t’es à fleur de peau, tu fais des crises d’hystérie devant Les Reines du shopping (éclat de rire). Quand y a plus de Nutella, je me balance par terre j’hurle, une fille, quoi ! (rires)

traitement hormonal transsexuel

Est-ce que ce traitement est sans danger ?

Les hormones, c’est dangereux, ça peut donner des cancers. Mais je suis prêt à prendre le risque pour guérir ma dysphorie de genre.

Dysphorie de genre ?

C’est comme ça que le corps médical nomme la transsexualité. Il y a 5 ans, être transgenre, c’était encore classé dans les pathologies psychiatriques. Aujourd’hui, c’est considéré comme une affection de longue durée. Du coup, tu signes un protocole avec la sécu qui t’oblige à consulter un collège de médecins : endocrinologue, dermato, orthophoniste, chirurgien et bien sûr un psychiatre. Ils s’assurent que tu es prêt à aller jusqu’au bout mais à ton rythme. Certaines choses sont remboursées mais pas tout.

Comment fais-tu financièrement ? Tu bosses ?

Non, j’ai tout arrêté. J’ai mis de l’argent de côté, mais bon, je ne sais pas si ça va être suffisant. En tout cas, pour l’instant, je ne peux pas partir loin. C’est impossible de travailler pendant la transformation.  Tu m’imagines arriver comme ça dans le milieu très masculin des affaires ! A moins d’avoir la chance de bosser dans l’administration ou dans une petite boite depuis longtemps. Là, tu peux faire ton coming out et on te placardise un temps. Mais pour le reste, c’est tabou. Donc, quand tu es transgenre, tu es quasi obligatoirement désocialisée et beaucoup se prostituent pour survivre. C’est l’un des problèmes majeurs de cette condition. Il y a 20 ans, la cause, c’était les homos, on parlait que de ça. Maintenant, les trans, c’est le nouveau combat pour l’autodétermination sexuelle. Dans 20 ans, ce sera archi commun d’avoir ce cas de figure dans sa famille, tu verras. Ce sera mieux d’être transe que d’être de gauche ! (rires)

il_214x170.943152706_hasr

Pour trouver du boulot, il faut aussi que ton identité officielle corresponde à ton sexe. Non ?

Oui et la dessus, la loi est assez floue. Il faut prouver que je suis dans une voie de transformation irréversible, le traitement hormonal, les opérations de modifications physiques… Je vais entamer les démarches. En ce qui concerne le prénom, c’est plus facile au niveau administratif. Maintenant quand je rencontre par hasard de nouvelles personnes, comme mon physique n’est pas clair, je donne un prénom unisexe : Frédéric (que) ou Clarence. Ensuite, libre à chacun de penser si je suis fille ou garçon.

Comment réagit ta famille ?

C’est très difficile. Je viens d’une famille assez religieuse. Chez moi, la transsexualité, ça n’existe pas. Déjà, il y a des années, quand j’ai annoncé à mon père que j’aimais les hommes, il l’a très mal pris. D’ailleurs, je ne l’ai quasiment jamais revu. Alors si je lui annonce « rassure toi, je ne suis pas homo mais trans… » Quand à ma mère, j’essaye de la voir le plus possible pour qu’elle ne se rende compte de rien. Je prends une voix grave mais l’autre jour, je me suis cognée l’épaule et j’ai hurlé bien aiguë façon opéra, comme une meuf ! Ma mère a sursauté. Au fond, la scène était assez cocasse ! Bon, à un moment, elle finira par le voir. Quelle alternative j’avais ? Me foutre en l’air parce que je ne me supportais plus en mec ? Il faut que je trouve les mots pour lui expliquer, mais je ne sais pas encore lesquels, j’espère que ça viendra.

Et tes amis ? Tes voisins ? Le regard de la société ?

Tout devient galère, sortir acheter une baguette, aller aux impôts, c’est une épreuve. Et puis, ce qui est dur, c’est d’expliquer, de se justifier auprès de tout le monde. L’idéal, c’est de changer de vie le temps de la transition, ne contacter que les très proches et dire aux autres, « je pars en année sabbatique loin pendant un an ». Tu te mets entre parenthèse, tu t’isoles. Et quand tu reviens, t’es une fille. Et à ceux qui te questionnent, tu réponds juste « bah maintenant, j’suis une femme, c’est tout, point barre ! »

Soutien-gorge à prothèse externe de Gérald/Léa.
Soutien-gorge à prothèses externes de Gérald/Léa.

Ton rêve, c’est d’être une femme comme les autres en somme…

Oui, mon but ultime : être indétectable ! C’est seulement à partir de là que je pourrai avoir un boulot et un petit copain, comme n’importe quelle fille. Pour l’instant, même si je suis une jolie transgenre, quel mec hétéro peut assumer devant ses potes ? Il risque les pires railleries. J’aspire à une vie tranquille et discrète. Au fond, la majorité des trans sont comme moi. Elles font tout pour être invisibles, insoupçonnables. Elles se fondent dans la masse. Du coup, celles que l’on remarque et on a le sentiment qu’il n’y a qu’elles, c’est celles qui se déforment avec trop d’opérations visibles, genre des seins en mode 105 D. Pour moi, ce n’est pas crédible ! Mais bon, chacune fait comme elle peut…

Comment a-t-on envie de devenir femme dans une société où les nanas galèrent plus que les mecs niveau salaire et responsabilités ? Et puis les femmes sont davantage sujettes aux violences conjugales et au viol que les hommes…

Je suis d’accord sur ces derniers points. Mais sinon, c’est génial d’être une fille, tu peux t’habiller de plein de façons différentes, te maquiller. Les mecs te payent tout, le resto, les cadeaux et c’est normal ! Vu tout ce qu’on dépense en soins beauté, épilation, et moi, encore plus qu’une femme bio ! (rires) Une fois, en boîte, je baisais avec un mec dans les toilettes. Le videur nous a chopé, il a attrapé le mec et la jeté dehors, moi je suis restée à l’intérieur. T’es une fille, tout est permis, bah oui, t’es une fille c’est pas de ta faute ! (rires)

Quelle est la suite des opérations ?

Là, je prends quelques mois pour moi. J’ai besoin de m’habituer à ce corps et d’entendre 400 fois que je suis belle. En septembre, je compte me faire opérer les seins pour atteindre un bonnet B. Çà, tu peux le faire seulement quand il n’y a plus de doute au niveau du visage, c’est évident ! Si tu as une tête de bonhomme avec des nichons… Je le répète, il faut être indétectable.

Dès que Gérald/Léa avance dans sa transition, je l’interviewe à nouveau. 2ème interview ici 

(1) les prénoms ont été changés

Written By
More from emma

Soumise party et extases sonores

Des enregistrements sonores de soumises en extase ! Des documents inédits livrés...
Read More

12 Comments

  • Bravo pour ce bel article . Comme Gérard/Léa je suis convaincue que dans 20 ans le transgenre sera normal et bien accepté. Il me semble évident d’aller vers ce que l’on est sans culpabiliser . Je regrette que cela soit encore aussi dur et complexe pour tout ceux et celles qui se sentent d’un autre sexe que celui avec lequel ils sont nés .

  • Wahou ! merci pour cet article et ton suivi merci à Lea / Gerald d’aller au bout de son rêve et de s’ouvrir à toi et donc à nous.

    Dsl je vais venir sur une question tres pragmatique mais pleine de répercussion et de symbole pour Elle/Il se perçoit IL/ELLE comme :
    Femme – meme si c’est encore en cours de finalisation – est donc xx s’approprie le ELLE ?
    Homme – pareil mais dans l autre sens – est xx reste sur du IL ?
    Transgenre – le nom correspond bien je trouve – est prefere t xx IL/ELLE ou ELLE/IL ou ILLE ou EL ou autre chose à inventer peut être ?
    Ca semble con mais je pense que l integration, l’existence au yeux de tous passe aussi par quelque chose d’aussi simple qu’une pronom

    Le ON etant le seul pronom indefini en francais il est pour moi symbole de l’absence du vague et du floue hors Lea/Gerald existe bel et bien ON ne saurait le définir convenablement

    Encore merci Emma et L/G

  • Merci toutes les deux pour votre enthousiasme ! Ce sujet reste tabou et peu partagé sur les réseaux sociaux.
    Pour te répondre Charlie, Il/Elle n’est pas du tout en voie de finalisation. C’est pk il y aura d’autres interviews pour suivre ce cheminement. J’ai retranscrit l’interview en laissant la façon dont Gérald/Léa se perçoit et on peut constater que, au niveau de la grammaire, c’est encore pas mal de masculin. Même moi, j’ai du mal mais je commence à la voir comme une femme. En tout cas, un peu plus qu’hier, mais un peu moins que demain !

  • Bravo pour la perception de ce ressenti, cet article me va a ravir !! pour une fois les mots sont les bons.
    « Les hormones, c’est dangereux, ça peut donner des cancers. Mais je suis prêt à prendre le risque pour guérir ma dysphorie de genre. », oui je suis parfaitement en accord, nous sommes toutes prête a « signer » sans tenir compte des risques médicaux par ce que a ce stade plus rien d’autre ne compte et c’est notre seul échappatoire au suicide.
    La THS (Traitement Hormonal de Substitution) c’est plus que dangereux. La castration chimique par l’Androcur
    (acétate de cyprotérone) produit interdit aux USA, a la faculté de nous rendre zombi, dépressive et suicidaire.
    Le déplacement cellulaire facilite la prolifération et le développement des cellules cancéreuses c’est pourquoi le suivi médical est constant. Après la castration , le corps doit continuer a ce procurer une hormone de régulation et c’est pourquoi nous prenons A VIE une hormone naturelle de type estrogène, qui elle aussi a sont tour aide au développement des cancers. Pour ma part, lors de ma troisième années de THS, une anomalie cardiaque a été décelé et j’ai du subir un double pontage du myocarde, dont la la cause a été attribué au traitement, (d’après les chirurgiens et mon endocrinologue)
    J’apprécie la lucidité qu’il ressort du ressenti de ce texte !! « Oui, mon but ultime : être indétectable ! », C’est hélas pas souvent le cas de toutes les personnes en transition. Je ne sais pas pourquoi, mais beaucoup de personnes veulent, au contraire se distinguer de la foule , et ce n’est certes pas la solution.
    Même si certain et certaine se font fort(e) de me critiquer par ce que oui j’adopte les conventions d’un mode binaire, je m’affirme en temps que Femme et OUI je veux être indétectable et je ne voix pas pourquoi je devrai rester entre deux genres !!
    Si le récits de la vie de Léa continu a s’écrire dans ces thermes avec cette proche réalité de sont ressenti, cet article sera vraiment proche d’une réalité de vie !! La notre

    • Merci Clara pour ces informations sur la dangerosité des traitements. On oublie souvent de l’évoquer. Mais en même temps, vous n’avez pas vraiment le choix…

  • Courage à elle pour ses opérations, son traitement hormonal et son changement d’état civil.
    Après être une personne transgenre ne signifie pas forcément que l’on passe par la salle d’opération. La transition est multiple. Que ça soit social (avec nos proche, notre manière de s’habiller, le choix du nouveau pronom et prénom…) ou effectivement hormonal et/ou chirurgical. Les article sur les personnes transgenres se focalisent beaucoup trop là dessus alors que les réalités des personnes transgenres et non-cisgenre sont bien plus vastes, complexes et multiples.

    Les réactions en commentaire sont positives, ça fait plaisir, mais certains montre qu’il y a une méconnaissance totale de ce que sont les transidentités (ou la transitude pour reprendre les mots de Sophie Labelle). Déjà parler de « sexe » plutôt que de « genre « . On ne nait pas avec un genre, on nous l’impose au vu de nos organes génitaux (assignation à la naissance). On peut être une femme et avoir un pénis. On peut-être un homme et avoir une vulve et des seins. Et la transition n’est pas synonyme d’opération. Je tien à le préciser car il y a au sein même de certaines communautés trans une tendance à rejeter les personnes non-opérées ou qui ne veulent pas d’opération.

    Pour rebondir sur ce que disait Charlie, en France, on essaye d’inventer des pronoms neutre pour les personnes comme moi, c’est à dire non-binaire dans le genre (qui ne sont ni homme ni femme (encore une fois, rien à voir avec les organes génitaux)): iel; ielle; ol, olle, etc.. Il y a aussi des accords inclusifs (écriture militante) qui sont utilisés comme neutre : é.e, eux.se… Mais tout ça est à utiliser pour les personnes non-binaire. Si on parle d’une femme transgenre, on utilise le féminin. Pour un homme transgenre, le masculin. Les personnes transgenres sont des femmes et des hommes au même titre que les femmes et les hommes cisgenre. Il n’y a pas de distinction à faire dans les accords, le pronom ou l’identité civile entre personnes trans et cis (certains voudraient rajouter la catégorie « trans » ce qui est une aberration totale. Neutre par contre est important pour les personnes non-binaire).
    Le mieux, c’est de demander directement à la personne concernée quel est son pronom préféré.^^ En anglais c’est plus simple, on peut utiliser le « singular they » et il y a très peu de mots genrés.

    Après, les propos que tien la personne interviewée ne regardent qu’elle. C’est selon ses besoins. Mais il faut rappeler que tout cela coute très cher, que beaucoup de femmes et hommes transgenres ne peuvent pas se permettre de telles opérations. Aussi le passing (le faite d’être « indétectable ») n’est pas une condition pour être une « bonne » personne transgenre.

    • Merci pour ces précisions sur le genre. En effet, sexe et genre ce n’est pas pareil. Il est difficile de trouver des infos fiables et exactes sur ces thèmes. Il faudrait un créer un centre de recherche spécifique qui regroupe toutes ces questions.
      Disons que j’ai écrit une sorte d’accord inclusif parceque quand je parle de mon ami(e), dans ma tête, c’est assez trouble. La prochaine fois, je lui demanderai comment il/elle souhaite être genré(e) dans mon propos. Et lorsqu’il/elle parle, j’ai retranscrit exactement ses propos et il se considère souvent encore au masculin. C’est le début du chemin, même si le début est bien entamé. Je guetterai bien sur, dans les prochaines interview à partir de quand elle parlera d’elle au féminin. C’est l’une des raisons pour lesquelles j’ai proposé cette série d’interviews.

      J’ai une question sur l’idée d’un genre neutre, qui se pratique en Allemagne par exemple. N’y a t-il pas un risque de stigmatisation ? Par exemple lorsque l’on cherche du travail ?

  • Merci @bubax de ces précisions c’est un peu ce qui me semblait être le plus logique les humains faisant ce cheminement etant tous differents il semble naturel de leur demander individuellement
    Et oui les langues anglo saxone sont bien moins bipolarisé – ou bipolaire 🙂 – que les langues latines ca facilite l’ouverture d’esprit (même si c pas tout rose)
    Tout à fait d’accord avec la difference entre genres (acquis) et sexes (innés sauf certains cas d hermaphrodisme)
    Encore une fois au delà de mon point de vue personnel quel courage et quelle ténacité de la part de cielle qui « choisissent » ce chemin. Chapeau bas

  • De rien ^_^
    Autres précisions: on parle de langue genré et du coup binaire (même si je comprends ce que tu veux dire par « bipolaire », mais ça fait beaucoup trop référence à une maladie mentale et vu comment on cherche à psychiatriser les personnes transgenres…).
    Les termes  » hermaphrodisme » et « hermaphrodite » ne sont pas corrects. On parle de personnes intersexes. Aussi, le sexe (les organes génitaux) est également un construit social et médical. Il y a beaucoup de personnes intersexué.e.s qui, à la naissance, sont opéré.e.s sans aucunes justifications médicales, il n’y a souvent aucun danger pour la santé. Cette opération sert uniquement à conformer l’apparence des organes génitaux à un modèle binaire, et ils s’en foutent de savoir comment l’enfant va grandir. L’enfant intersexué se voit lui aussi imposer un genre binaire à partir d’une opération chirurgicale complètement inutile et injustifié. Ce sont de grave cas de mutilations, la France a été récemment condamné pour cela.

    • En effet, la cause intersexe est en train de sortir peu à peu de l’ombre. Le problème, ce sont aussi les parents désemparés par la naissance d’un intersexe et ils choisissent à sa place où sous l’influence des médecins qui choisiront probablement le sexe le plus facile à garder. Mais les choses commencent à bouger grâce aux associations et à leurs membres qui racontent leur calvaire. J’avais lu qu’il n’existait pas 2 sexes mais 48 http://sexes.blogs.liberation.fr/2013/06/19/il-nexiste-pas-2-sexes-male-et-femelle-mais-48/ . C’est passionnant et tout cela nous fait revoir notre vision du monde.

    • excellent 🙂 merci encore pour les precisions sur l hermaphrodisme et interséxué.e c’est exactement la question que nous nous posions hier soir le sentiment etait bien celui que tu décris à savoir ramener dans une norme sans raison médicale réelle
      Dsl pour le bipolaire, c’etait un tres d’humour (mon oncle #kaamelott) mais je comprend que vu le délire médical de ce monde ce ne soit pas forcément le bon sujet pour ça

      Bon au final le monde n’a toujours pas compris qu’il y avait plus que deux possibilités dans la vie. Globalement le monde de pensée des gens reste toujours dans bipolaire (et la c pas une blague) :
      tu es homme ou tu es femme. Il fait chaud ou froid. Si tu n’est pas feministe c’est que tu es « machiste ». Si tu n’es pas avec nous c’est que tu es contre nous 🙁

      l’Inter (sexué.e ou autres) n’est jamais pris en considération c’est blanc ou noir 🙁
      Mais avec des vies, des pensées comme la tienne une autre forme de monde se matérialise 🙂 la troisième voie commence à se manifester … la route est longue

Laisser un commentaire