Pas de sextoy pour redresser la France

La 1ère radio de France, RTL va parler sextoys ! Je suis invitée sur ce thème ce vendredi 6 mai dans l’émission de Flavie Flament « On est fait pour s’entendre » entre 15h et 16h. Dans mes recherches en vue de l’émission, je me suis aperçue que la France est très en retard au niveau de son industrie. En effet, les banques ne sont pas très préteuses quand il s’agit de boules de geisha et de canards vibrants. La France et sa réputation de patrie hot, pays de l’érotisme et du charme en prend un sacré coup ! Et pas au bon endroit…

Pour vendredi, il faut que je devienne incollable sur les sextoys : la démocratisation de ces 20 dernières années, le marché mondial à 20 milliards d’euro par an, les profils des utilisateurs hommes et femmes et puis la grande question: « En quoi ces objets ont changé notre rapport à la sexualité ? » Pour y répondre, je serai accompagnée du psychanalyste et sexothérapeute Alain Héril ainsi que de Patrick Pruvot, fondateur des love shops Passage du désir.

Dans mes recherches, je suis tombée sur un os. Actuellement, l’économie française et les problèmes de chômage font que les secteurs porteurs sont traqués comme des pépites d’or et soutenus afin de créer de l’emploi. Du côté des sextoys, le marché est estimé à quelques centaines de milliers d’euros par an de chiffre d’affaire dans notre pays. Nous restons sous équipés, à peine 14% de la population (1) se sont offerts un joujou du style. Ce qui est peu comparé à la Grande Bretagne et à l’Allemagne (50%). Comment ce fesse ? « Les banques refusent de prêter de l’argent lorsqu’un entrepreneur veut monter un telle affaire que ce soit pour fabriquer ou pour distribuer. Même ouvrir un love shop revient au parcours du combattant » m’explique dégouté Thibault Lanchais de Plaisir de France, une association de producteurs. « Les banquiers nous classent direct dans la case porno. » Une telle pudibonderie empêche donc de créer de l’emploi et des produits français.

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sextoys La Tour est folle

Thibault Lanchais poursuit : « hélas, le problème est encore plus profond. Tout un tas de normes s’applique à nous fabricants, ce qui n’est pas le cas des articles faits en Chine, que l’on retrouve pourtant dans les rayons. » Et l’entrepreneur prend l’exemple de La Tour est folle, ce toys en forme de Tour Eiffel qui avait fait le buzz il y a quelque temps. « Nous voulions créer un modèle phosphorescent.  Sauf que le revêtement n’est pas hypoallergénique. Il est donc incompatible avec les muqueuses. Pourtant, vous retrouvez sur le net ou même en boutique, des sextoys façonnés dans cette matière ou d’autres pleines de phtalates, des perturbateurs endocriniens, qui viennent de l’étranger. Il faudra un jour que les pouvoirs publics mettent de l’ordre dans tout ça. »  Et si les sextoys pouvaient servir au redressement de l’économie française ? C’est vrai ça ! Sinon, à quoi ça sert de se pavaner en vantant l’image romantique du pays du french kiss et du french cancan ! Non mais sans blague !

(1) sondage BVA 2015

Podcast de l’émission

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2 Commentaires

  • Aaah on va suivre cette émission à coup sûr ce 6 Mai, depuis le temps qu’on le dit : c’est un comble dans le « pays de l’amour » que l’on soit si frileux quant il s’agit des sextoys, mais pas que d’ailleurs. Une Histoire très particulière en ce qui concerne l’univers de l’érotique y est pour quelque chose…

    • Oui, nous sommes assez paradoxaux. Disons à la fois, le pays du libertinage et des Lumières (avec La Religieuse de Diderot, c’était ultra osé) et à la fois une résistance au changement, à l’évolution…

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