Cabaret électro manga et mousse party

Emma la Diablote balade ses cornes dans le Paris érotique. Je vous emmène en virée découvrir ce qui se trame coté CULture (théâtre, expo, livre, musique etc…) C’est toujours mieux de savoir avant l’heure…

Le parisien est pressé, c’est un pléonasme. Quand il a la chance de posséder un scooter, le moyen de transport le plus rapide en ville, il sait qu’il ira toujours plus vite que les autres à pied, en vélo, en métro, bus ou voiture. Alors pourquoi se speeder davantage ? Je ne vois pas bien l’intérêt d’avoir un « deux roues » pour slalomer à toute blinde, frôler les autres véhicules et faire peur à tous le monde, à ceux qui n’ont rien demandé. A vouloir gagner quelques secondes, on peut tout perdre, dans un accident. Voilà pourquoi, sur mon scooter pourri, je conduis pénarde. Ce qui ne m’empêche pas d’anticiper, d’être au courant avant les autres de ce qui se trame dans le joyeux Paris libéré.

Je me pointe dans un drôle de bar où j’ai mes habitudes, planqué dans des petites rues derrière le Châtelet. J’ai convoqué l’une de mes gorges profondes (= informateur de choix, rien à voir avec des voltiges pornographiques). C’est le mec au tutu du « Lâcher de soumis dans le Bois du Boulogne », l’une des séquences décadentes de Paris Dernière. Cet authentique personnage des soirées « cagoules et latex » adore montrer ses fesses à la téloche. Je l’utilise à ma guise et je l’ai déjà vendu à l’occasion de 3 tournages depuis un an et demi que je collabore à l’émission TV mythique de Paris Première. C’est d’ailleurs curieux que le programmateur de l’émission Alexandre ne m’ait pas encore enguirlandé, il aime pas trop les redites et c’est bien normal. Aurait-il un faible pour les soumis ? (là, je suis sûre de me faire pourrir 🙂

Tutuman déboule. Il a l’air bien ennuyé. Eugène Durif, l’écrivain et dramaturge, star du très intello théâtre de la Colline (j’ai constaté qu’avant et après les représentations, les filles se pendaient à sa longue barbe), bref ce sacré Eugène insiste auprès de Mister Tutu pour qu’il incarne l’une des poupées sexuelles, dolls japonaises dans le « cabaret électro manga » Hentaï Circus qu’il prépare avec son amie Karelle Prugnaud pour le Cirque Electrique (Porte des Lilas, Paris 20ème). Les réjouissances auront lieu du 3 au 19 juin. Mais Tutulle a peur d’être ridicule !

A sa place je n’hésiterais pas une seconde, ça s’annonce total hors des clous, un barnum de freaks, un cabinet de curiosité du fantasme nippon. En exclu pour Paris Derrière, un extrait du texte qui promet, et les photos des premières répètes manga (dans une baraque à la cambrousse, et oui, y a plus de place qu’à Paname, c’est plus pratique):

manga

« nous sommes un, le même et autre.
voilà je m’habille, voyez je suis en train de devenir poupée, je suis en train de devenir elle
ce soir, je serai la plus belle
je vais devenir celle dont vous n’oseriez même pas rêver
l’héroïne la plus sexy qui soit.
voilà, je me couvre d’abord d’un collant rose saumon,
très moulant.
et je passe une cagoule latex
je ne suis plus qui je suis,
je ne suis plus que celle là,
la plus belle des poupées, la love doll idéale…
et maintenant devant ce miroir de vos yeux, je m’anime en pose apprêtée d’héroîne , parfaite  et virginale petite poupée porcelaine, petite vamp en fleur, petit coeur calligraphie
Je m’appelle licca
fille celluloid, fille idéale
je pourrais m’appeler licca, toi, et toi
gloomy
duckie
candy
creamie
(litanie noms)
regardez moi
dans vos yeux, je suis la plus belle, la doll de vos rêves,  qui reprend ses mouvements dans une parade où je ne suis plus que la perfection de l’image, la pure image qui enfin peut s’aimer pour elle-même . »

cabaret manga

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Trop kawaii !

« Allez Tutu ! Te bile pas ! » Je l’emmène se changer les idées au Tigre, boîte à concert rock, où Julia Palombe a sa résidence. C’est une autre vedette des séquences folles de Paris Dernière (séquence ici, une autre là où Julia montre ses belles fesses). La Miss me confie qu’elle sortira en septembre un manifeste aux éditions Blanches (aujourd’hui associé à Hugo et Compagnie)… La spontanéité et les réflexions de Julia pour une société davantage libérée de ses carcans sexuels, ont beaucoup plu aux patrons des éditions Blanche Franck Spengler, qui n’est autre que le fils de la sulfureuse et féministe romancière Régine Desforges. En attendant, nous captons l’énergie de Julia sur scène qui chante son nouvel album « Docteur Love », dont est issu ce clip qui rend humide.

Julia s’époumone sur une autre chanson de son dernier opus, quelques paroles : « L’un t’attache, l’autre te trousse, tu disparais sous la mousse… » Petite référence gainsbourienne : sauf que sous la mousse, ce n’est pas Marilou mais Monique, femme mûre tentant l’aventure du club libertin avec son Robert. Ce dernier se retrouve dépassé, désemparé face à la subite insatiabilité de son épouse. Il est rare que les artistes racontent les tribulations de ce milieu et de ses mousses party.  Drôle et interpellant. Liens pour découvrir tout l’album Apple Music / Deezer .

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Julia forever

Mon portable vibre, diantre ! J’ai oublié d’envoyer un article qui parle de cul. Hors l’un des mags, La Vie Parisienne, pour qui je bosse, boucle ce soir. Je textote avec le rédac chef mais le correcteur d’orthographe du smartphone fait la tronche !!! Chez la marque dont le logo est quand même le fruit défendu, sodo = dodo !

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Comme je les plains ces américains… Pas question d’aller dormir, je continue ma route. Bon Tutu, je dois t’abandonner comme une vieille chaussette. Là où je vais, impossible de t’emmener ! Les soumis mecs y sont interdits. Bientôt sur le blog, la suite de ma virée dans le Paris chaud bouillant !!!

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