Décapantes histoires de cul nus

Le tout-Paris libertin se dore la pilule au Cap d’Agde, le célèbre village naturiste propice à la fête, aux fantasmes et à leur réalisation. L’auteur et habitué Pierre Adonis vient de publier Cap d’Adge History X, un recueil de nouvelles, concocté avec sa compagne Laetitia Elle, et inspiré des témoignages de vacanciers. Ève de Candaulie l’a interviewé, cul sans chemise avec le couple.

Lorsque j’ai rencontré Pierre Adonis pour la première fois, c’était sur la plage libertine du Cap d’Agde naturiste… En tout bien tout honneur, autour d’un café, entre auteurs de littérature érotique. Un grand sourire, une passion pour l’écriture: j’ai tout de suite accroché avec ce personnage qui se revendique ouvertement hédoniste.

Je vous livre une interview spontanée de Pierre Adonis, pour vous faire découvrir cet univers et ses histoires hautement licencieuses :

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Pierre Adonis : C’est ma seconde maison. Ma mère y allait déjà, quand c’était naturiste avant d’être libertin. Je suis un peu un enfant du Cap.

IMG_2740Est-ce que naturisme et libertinage font bon ménage?

Aujourd’hui, oui, ils arrivent à s’entendre. Au début le camp était uniquement naturiste. Les gens aimaient simplement vivre dénudés en communion avec la nature, sans libertinage. D’ailleurs, ils ont toujours une plage immense pour être tranquilles… Et puis, il faut marcher, faire un kilomètre et demi, deux kilomètres sur la gauche de la plage (face à la mer). Là, il y a un poste de secours qui délimite en quelque sorte le début de la plage des libertins, qui s’appelle « la Baie des cochons ». Donc, l’un et l’autre cohabitent très bien. Aujourd’hui, de mieux en mieux en tous cas.

Oui, il y a un bar un peu lounge qui fait la délimitation devant le poste de secours. Ça se trouve assez facilement.

Et peut-être un kilomètre plus loin, c’est le coin coquin de toutes les sexualités et des homos aussi.

Oh c’est bien dit.

Du coup, en ce moment, vous passez vos journées sur la « Baie des cochons »?

Oui, on dédicace tous les jours sur la plage. On a un beach flag qui fait trois mètres de haut : on nous voit de loin! On discute avec les gens, on explique de quoi parle livre… Et puis souvent, on parle de la vie de tous les jours, de ce qu’ils font dans le libertinage, parce que tous le monde a son niveau, du plus soft au plus poussé.

cap dagde2Quand vous avez commencé à écrire Cap d’Agde History X, vous vous êtes inspirés de petites histoires que vous aviez écoutées? Que vous aviez vécues?

Comme je l’ai expliqué chez Brigitte Lahaie, il s’est passé des choses incroyables, cocasses, singulières ici au Cap d’Agde. Comme je suis partenaire du site netechangisme.com, j’ai eu l’autorisation de lancer des appels à témoin. Et comme Netech est le plus gros site libertin de rencontre en France, on a eu pas mal de retours. Avec Lætitia, nous avons collecté ces histoires pour en sélectionner quinze : les plus croustillantes et singulières. Et après, nous les avons romancé pour en faire des nouvelles. Certaines sont plus originales, d’autres plus sensibles. Elles sont de tous les genres : on trouve des histoires qui font rire, d’autres qui font pleurer, notamment une grande histoire d’amitié, très émouvante.

Et pourquoi ce titre aux allures cinématographiques Cap d’Agde History X ?

C’est juste un clin d’œil au monde du cinéma en rappelant le film American History X. Dans notre livre, chaque nouvelle porte le nom d’un film ou d’une série télé connue… déviée à la sauce Cap : « La cuisine des mousses queutards » (en allusion à la cuisine des mousquetaires de Maïté), « Le bon, la brute et le soumis », « Hélixcopter », « Very bad Cap d’Agde trip », « La corde tournera trois fois », ça c’est une histoire de bondage et de shibari, un truc absolument hallucinant…

Pour toi le Cap d’Agde, c’est un lieu hallucinant?

C’est un lieu hallucinant et c’est pour ça que je l’adore. C’est un lieu de partage, d’échange, un lieu très épicurien, où il y a des gens de toutes les nationalités. C’est absolument fabuleux. Tu peux voir par exemple une minette se promener dans les rues avec son petit rosebud hyper sexy. On mate beaucoup. Il y a du voyeurisme, de l’exhibitionnisme. Il y a des bisexuels, des homos. On fait des rencontres géniales. On peu discuter le soir avec un type habillé en latex de bas en haut. Les gens assument non seulement leur sexualité mais aussi leur apparence, leur taille : il y a des petits, des grands, des moyens, des gros etc. Et quels qu’ils soient, les gens osent être sexy. J’écris régulièrement sur le non-conformisme dans le plus gros magazine du Cap.  C’est pour moi une belle valeur de différence, d’écoute et de partage. On peut faire des rencontres incroyables ici, se retrouver dans des soirées privées, où on va rire, boire un coup. C’est la fête. C’est savoir apprécier chaque instant de la vie et pas forcément quelque chose lié au sexe.

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C’est vrai que l’on s’était posé une question avant le bac philo : est-ce que nous sommes libertins parce que nous sommes hédonistes? Ou est-ce que nous sommes hédonistes parce que nous sommes libertins?

Les deux sont liés, mais l’on a chacun son niveau d’hédonisme. Il suffit simplement de savoir apprécier les petites choses, aussi simples soient elles.

Est-ce que tu penses que votre ouvrage peut décomplexer des novices à propos du libertinage?

Je pense que tout ouvrage qui parle des sexualités, peut décomplexer n’importe quelle personne. Ça peut faire sourire. Ça peut apporter de l’émotion et ça permet  de s’interroger sur bon nombre de choses.

Et est-ce qu’il y a des nouveautés cette année au Cap?

En termes de changement, les commerçants font beaucoup d’efforts. Ce n’est pas plus cher que sur la côte. On arrive à trouver des jolies petites tenues sexy pas trop cher (je confirme). On arrive à se faire des restos le midi, avec des plats du jour à 10€ et l’on se régale. Vraiment, il y a des efforts qui ont été faits dans ce sens-là.

1 Et tu peux nous parler un peu des clubs libertins au Cap?

Le plus célèbre, celui qui est connu dans le monde entier c’est le Glamour.

Avec son célèbre sous-sol!

Le Glamour, c’est 2000m² et 500m² de sous-sol coquin. C’est plus que la superficie de bien des clubs, juste pour le sous-sol.

Pour celles et ceux qui nous lisent, au Glamour, quand tu descends au sous-sol, il y a deux chemins qui forment une boucle : un chemin accessible aux hommes seuls et un chemin accessible uniquement aux couples. Il y a plein de coins coquins et une table gynécologique dans un recoin caché. Au rez-de-chaussée, il y a aussi une grande terrasse ouverte, où tout est permis. C’est à voir au moins une fois dans sa vie.

Sans oublier les après-midi mousse avec la piscine extérieure et le dance-floor. Il y a aussi le Jules qui est aussi très sympa comme club. Les jardins d’Eden ou les jardins de Babylone organisent également de bons évènements. Il y a beaucoup les fameuses soirées privées.

Est-ce que pour toi aussi, quand tu reviens du Cap, c’est difficile de se replonger dans la vraie vie?

Effectivement, le retour à la réalité est difficile . Et revenir en textile, c’est un peu compliqué. On est tellement bien tout nu. C’est un vrai bonheur! Quand on rentre, ça fait tout bizarre. On se dit « Vivement l’année prochaine! »

Cap d’Agde History de Pierre Adonis (éditions Libertad) 18€

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Pour les néophytes, voilà un petit plan du Cap annoté pour vous donner quelques repères…

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Ce que j’aime bien chez Pierre Adonis aussi, ce sont ses visuels créatifs sexy. Partageons nos différences :

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