Peut-on être féministe et aimer le gang-bang ?

Plus de 500 000 lecteurs sont entrés dans l’intimité de l’ex-première dame de France. La nouvelle millionnaire doit en tirer une certaine jouissance, je l’espère pour elle. Pornographie des sentiments ? Immense gang-bang « littéraire » ? Le temps est venu de parler de cette pratique que des nanas affectionnent. Pas forcément des paumées, loin de là, parfois même des féministes. J’ai rencontré une charmante jeune femme Eve de Candaulie, auteure de littérature pornographique et amatrice de gang-bang. A une terrasse en face du Centre George Pompidou, elle m’a offert une binouze. Elle a pris une tisane. Interview coup de rein.

Peut-on être féministe et aimer le gang-bang ?
Êve de Candaulie : tout à fait et c’est mon cas. Dans cette pratique, c’est la femme qui a le pouvoir, si elle en prend conscience. Il suffit de dire non et tout le monde s’arrête, comme dans le libertinage en général.
Je suis une femme, bien sous tous rapports, jolie mais pas plus qu’une autre, équilibrée, avec une vie sociale normale et je suis fan de gang-bang, je pratique avec des gens sympas, ni dans des ghettos chics, ni dans des banlieues… juste chez moi, en forêt, chez des amis, très simplement. Et moi, je trouve ça épanouissant de sentir tout ces contacts charnels.
De mon point de vue, le sexe est un apprentissage de soi et des autres, une découverte sans fin. Il n’y a pas d’escalade dans ma pratique, juste un approfondissement du sujet. Je découvre sans cesse des passions différentes, des singularités, des magnétismes inexpliqués… je découvre tout simplement la vie en quelques heures d’insouciance.

Le gang-bang est souvent présenté comme avilissant pour les femmes, non ?
Le problème c’est que le mot gang-bang vient de l’industrie du porno et il fait peur aux femmes. Mais, franchement, être entourée, choyée, respectée et comblée par plusieurs mecs en même temps, c’est quand même ce à quoi rêvent beaucoup de femmes, non ? Au fond, si on tient à enrober l’idée d’un peu de guimauve, les filles qui craquent sur les boys-bands, elles auraient peut-être envie de se taper tous les membres du groupe en même temps… sans forcément savoir qu’on appelle ça un gang-bang.
En plus, le mot est abstrait et engendre des croyances populaires autour d’une pratique qui ne plairait qu’aux bourgeoises de Neuilly-sur-Seine. A l’opposée, elle renvoie aussi une imagerie liée au 93 et aux tournantes dans les caves. Ce qui est très stigmatisant pour les populations qui y vivent. Voilà pourquoi je trouve que l’expression « pluralité masculine », employée dans le libertinage, est plus séduisante.
 
Que ressens-tu avant ce type d’orgie ?
A mes débuts, quand j’attendais les mecs, je me demandais toujours si j’allais être à la hauteur. L’inconnu fait peur et cela peut révéler un manque de confiance en soi. Mais aujourd’hui, avec l’expérience, je me sens très à l’aise.

Que ressens-tu pendant ?
C’est comme un rapport sexuel « plus plus ». Par exemple, beaucoup d’instituts de beauté proposent des massages à 4 mains. Pour moi le gang-bang, c’est un peu ça, tu es caressée de toutes parts, tu ne sais pas d’où ça vient, c’est génial. Dans le surplus de sensation, on s’abandonne. Avec une queue dans la bouche et une autre ailleurs, je ressens une réelle plénitude.

No_Gang_Bang__No_Party_by_Tirofisso

Y a t-il un type d’amant que tu affectionnes ?
J’apprécie beaucoup les blacks. Ils sont très attentionnés.

Pourquoi ?
Parce que ceux que mon mari me présente ont une grosse queue, ils sont très énergiques tout en étant habitués à faire attention aux attentes de la femme, il n’y a pas de pression, ils sont super cool.

Est-ce que tu payes ou est-ce que tes amants payent pour l’organisation ?
Moi je ne fais que des plans gratuits, parce que mon mari passe un temps fou à les organiser, mais je dirais que c’est une question d’offre et de demande : parfois, certains organisateurs font payer les hommes, parfois, ce sont les femmes qui payent (par exemple si elles ont des exigences particulières sur les mecs qu’elles aiment, du type « plus d’un mètre quatre vingt, en costume, avec un masque noir »). Certains couples réclament aussi des scénarios bien particuliers et ils doivent mettre la main au porte-monnaie, ce qui paraît logique vu toute la logistique que ça demande de réunir toutes les conditions pour un gang-bang somptueux.

Certains pornos représentent des gang-bangs ou bukkakes très hard où la nana se fait humilier. Est-ce que ça existe vraiment ?
Oui, bien sûr, ce sont des femmes qui sont excitées en jouant les soumises. Parfois, lorsqu’elles sont recouvertes de sperme, elles peuvent être heureuses d’aller, toutes dégoulinantes, chez le rebeu du coin acheter leur petit rouleau d’essuie-tout. C’est leur délire et je ne juge pas. Moi perso, je ne suis pas encore assez réceptive aux rapports de domination/soumission. En revanche, par exemple, dans mon livre, je raconte comment, après le travail et après mon cours de yoga, j’ai retrouvé un groupe de mecs de nuit devant une boutique. Nous nous sommes glissés à l’intérieur pour baiser, éclairés par les néons polychromes du boulevard. Mais il n’y avait aucun scénario, on a tout improvisé et c’était génial comme ça. Chaque fois que je repasse devant cette boutique, j’ai le sourire aux lèvres.

Gang-Bang-2

Et toi, tu aimes qu’il y ait combien de mecs pour toi ?
Je n’aime pas la quantité à outrance. Un très bon ami à moi a offert 24 mecs à sa nana pour ses 24 ans. Elle a passé un super anniv (je le sais, mon mari était là pour filmer). Moi, j’aime bien qu’il y ait quand même un peu de feeling, 3-4 mecs c’est bien. J’aime aussi qu’il y ait un maitre de cérémonie ou un leader de groupe. Ce n’est pas mon mari, car lui aime bien être voyeur passif, comme tout bon candauliste.

En général, les mecs y vont comme des bourrins, comme dans les pornos ?
Oui, les mecs sont pour le coup énergiques et moi, j’aime ça. Quand c’est très intense physiquement, on peut se laisser aller, s’abandonner à la baise et ça me va très bien.

Est-ce qu’on pourrait quand même imaginer un gang-bang de Bisounours ?
Si on veut du soft, je conseille plutôt un trio (une femme et deux hommes). L’idée du gang-bang, c’est que quand un mec défaille, il est remplacé. Les pompiers sont souvent très bons dans ces plans-là. Ils ont l’esprit d’équipe.

Si vous voulez connaître la fameuse scène du gang-bang post-yoga, Eve la raconte sur son site ici. Cet extrait fait partie de son livre Mon mari est un homme formidable (disponible à la Musardine).

couv_box5

Ecrit par
Plus d'articles d' emma

Paris Derrière à la Fistinière

Paris Derrière à la Fistinière, comme une évidence… Pour une fois, j’ai...
En lire plus

5 Commentaires

  • Tenterez-vous l’expérience, avec l’interview d’une femme au cœur de la tourmente ? Sinon, je crois reconnaître une photo du spot promotionnel pour l’expo de Sade, Attaquer le soleil.

  • Intéressant de lire ce que cette jeune femme dit de ses expériences, de manière intelligente et équilibrée.

  • Voilà un avis qui tranche par rapport à ce qui se fait dans le porno.
    J’aime bien cette idée que, bien qu’en infériorité numérique, la femme garde contrôle et pouvoir.
    Chose que j’avais exprimée dans une nouvelle paru cette année.

  • Sans être une féministe de type « chienne de garde », je suis très attachée aux libertés de la Femme et pourtant, je suis une grande adepte de gangbang. C’est ma pratique préférée dans le libertinage. Tout comme Eve de Candaulie, je ne trouve absolument pas ça avilissant. C’est une multitude de plaisirs et de sensations, je ne m’y sens pas exploitée. J’ai plutôt l’impression d’être très bien entourée ! Je ne me sens pas tourner le dos aux principes d’Olympe de Gouge lorsque je me fais gangbanguer par douze mecs !

    Je pratique plutôt avec une dizaine de partenaires. 3 ou 4, c’est pour moi le strict minimum contrairement à Eve. Mon maximum a été avec 21 partenaires et j’ai adoré tout simplement : plaisirs rapides et fugaces, des partenaires s’enchaînant pour mon bonheur, une symphonie d’orgasmes… le tout en une petite demie-heure.

    Si les hommes ont peut être eu l’impression de venir « se vider » en moi, j’ai pour ma part eu le sentiment de les faire jouir très vite pour mon plaisir, plutôt égoïste d’ailleurs dans ce cadre précis. C’est une pratique autrement plus cérébral qu’il n’y paraît et qui n’est pas aux antipodes du Féminisme.

Laisser un commentaire